11 septembre : dernier procès en date

Comparaissant pour « complicité de meurtre dans 3.066 cas » et « soutien à une organisation terroriste », le Marocain de 30 ans espère en se taisant éviter la condamnation à la peine maximale (15 ans en Allemagne), à laquelle la même Cour avait condamné en février son prédécesseur, le Marocain Mounir El Motassadeq. Ce dernier avait coopéré un minimum. Calme et souriant, Mzoudi, qui portait un collier de barbe et un polo à manches longues bleu marine, s’est refusé à répondre à toute question concernant les faits, se contentant de répondre aux questions sur sa personne, tantôt dans un allemand hésitant, tantôt en arabe. « Je suis berbère, mais l’islam m’a arabisé », a-t-il dit. Il a raconté avoir accompagné son père, un fonctionnaire, à la mosquée dès l’âge de sept ans, tandis que sa mère, une femme au foyer, « m’a enseigné les valeurs de l’islam : honnêteté, ne pas voler et ne pas tuer ». Incisive, une des deux avocates de la défense, Guel Pinar, a mis en doute la « crédibilité des preuves du Parquet ». Le second avocat, Michael Rosenthal, a quant à lui, mis en garde contre l’aspect « partisan » des preuves américaines dont dispose le Parquet. Arrêté à Hambourg le 10 octobre 2002, Mzoudi a toujours nié toute implication dans ces attentats et dans le réseau terroriste Al-Qaïda qui les a organisés. Cela malgré ses contacts avérés avec les membres de la « cellule de Hambourg », base-arrière des kamikazes, qu’il présente comme des fréquentations dont il ne connaissait pas les intentions. Les avocats de la partie civile, pour leur part, ont demandé à la défense de ne pas pousser trop loin la remise en cause des faits tenus pour acquis sur les attentats du 11 septembre. Pour le parquet fédéral, Mzoudi était chargé, avec Motassadeq et Said Bahaji – recherché internationalement -, du soutien logistique des trois kamikazes de la cellule, Mohammed Atta, Marwan El-Shehhi et Ziad Jarrah : procurer de l’argent, fournir un logement et dissimuler leurs absences suspectes. Pour prouver que Mzoudi a « soutenu la planification et la préparation » des attentats en toute « connaissance des objectifs visés », l’accusation dispose de 125 témoins, quatre experts, 200 pièces à conviction et des relevés bancaires qu’elle révélera d’ici janvier 2004 au long de 37 jours d’audience. Mzoudi, Motassadeq et le Français détenus aux Etats-Unis Zacarias Moussaoui, dont le procès a été reporté sine die, sont les seuls suspects au monde à avoir été inculpés de complicité dans les attentats du 11 septembre 2001.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *