400 combattants d’Al-Qaïda tués

Quatre cents combattants du réseau Al-Qaïda ont été tués depuis samedi dans les montagnes de l’est de l’Afghanistan par les troupes américaines et alliées, qui ont pour la première fois reconnu avoir été surprises par la résistance des militants islamistes.
L’aviation américaine a poursuivi ses bombardements des montagnes d’arma pendant la nuit et une partie de la matinée, avant de les suspendre mercredi en milieu de journée, alors que les combats se concentrent désormais dans la vallée de Shahi Kot, à une cinquantaine de kilomètres au sud de gardez (est). à Kaboul, les plus puissants chefs de guerre afghans se sont réunis mercredi avec les représentants du gouvernement intérimaire et des nations unies pour discuter de la sécurité dans le pays et de la création d’une armée afghane.
La force multinationale de l’ONU a de son côté mis en garde les journalistes étrangers en Afghanistan contre les risques d’enlèvement.
l’opération anaconda, lancée samedi contre une poche de résistance de combattants talibans et d’Al-Qaïda retranchés dans des grottes des montagnes d’arma, est la plus importante offensive menée par les alliés depuis le début de la guerre en Afghanistan le 7 octobre.
Les combats se déroulent entre 2.500 m et 3.600 m d’altitude, dans une zone enneigée d’une superficie de 150 km2, en bordure de la frontière pakistanaise. Des avions américains et alliés participent aux frappes, tandis que quelque 2.000 hommes des forces de la coalition antiterroriste, dont un millier d’américains, mènent les attaques au sol. Après un démarrage difficile dû à la vive résistance opposée par les militants islamistes, les forces alliées ont marqué des points au cours des dernières heures.
Un porte-parole des forces américaines en Afghanistan, le major Brian Hilferty, a annoncé mercredi qu’environ 400 combattants d’Al-Qaida, le réseau islamiste dirigé par le terroriste présumé Oussama Ben Laden, avaient été tués en cinq jours de combats dans la région de gardez (est).
Mais l’armée américaine a elle perdu huit hommes — le bilan le plus lourd depuis le début de la guerre — et compte une cinquantaine de blessés, tandis que trois combattants afghans alliés ont été tués samedi, ont indiqué des sources militaires.
Mardi, les forces alliées se sont emparé d’un réseau de grottes contenant des armes et des documents et ont capturé quatre combattants, a annoncé le pentagone.
« Le changement, c’est que nous avons tué beaucoup de monde. (les combattants talibans et d’Al-Qaïda) ne se baladent plus comme ils le faisaient. ils sont retranchés. Ils sont terrés », a affirmé le général de brigade de l’us air force John rosa, directeur-adjoint des opérations à l’état-major interarmées.
Dans l’un des réseaux de grottes investis par les forces alliées, les soldats ont saisi des mortiers, des lance-roquettes et des armes à feu. « a un autre endroit, nous avons trouvé des armes et des munitions, ainsi que des permis de conduire étrangers et des passeports », a indiqué le général rosa, sans pouvoir préciser la nationalité de ces derniers. Le général a ajouté que plus de 450 bombes avaient été larguées sur la zone en quatre jours par des bombardiers à longue portée, des avions de combats et des ac-130. Des hélicoptères cobra ah-1 du corps des marines ont été envoyés en renfort mardi.
Mais le pentagone relève que, dans les montagnes afghanes, face à un ennemi dispersé en petits groupes mobiles, les bombardements aériens, même de précision, comportent leurs propres limites.
Selon un commandant afghan local, interrogé mercredi par l’agence afghan islamic press (aip), basée au pakistan, les forces alliées « ont gagné du terrain contre al-qaïda lors d’une offensive cette nuit, du côté du village de shahi kot ». Le commandant Wazir Khan Zadran, interrogé par téléphone satéllitaire,, a souligné que les bombardements nocturnes avaient été combinés avec quelques attaques au sol, mais que celles-ci étaient beaucoup plus difficiles à lancer de jour en raison de la résistance du camp adverse.
les stratèges américains ont en effet sous-estimé la combativité des volontaires d’al-qaïda et des talibans, comme l’ont reconnu pour la première fois les officiers américains.
Le général frank hagenbeck, commandant de l’opération anaconda, a avoué mardi soir que la résistance rencontrée au tout début avait été beaucoup plus dure que prévu. « Je ne pense pas qu’on savait qu’on allait traverser (tant de difficultés) mais je pense qu’on commence à s’adapter », a commenté pour sa part le sergent major mark Nielsen, qui participe à l’opération. Les tensions dans plusieurs provinces afghanes ont mis en lumière la nécessité de créer une armée professionnelle, réclamée par la communauté internationale et par K. Karzaï.

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