Abbas réorganise les services

Après avoir décidé samedi d’importants changements à la tête des services de sécurité, M. Abbas était attendu dimanche à Gaza pour "décorer" dix hauts responsables sécuritaires, qui doivent être remplacés par une nouvelle génération, sur laquelle ne pèsent pas des soupçons de corruption. Ainsi, le général Moussa Arafat, chef de la Sécurité nationale dans la bande de Gaza, a été nommé conseiller pour les Affaires militaires auprès de Mahmoud Abbas, avec rang de ministre. Il sera remplacé par le général Souleimane Helef, tandis que le général Ahmed Abdelkarim prendra la tête des services de renseignements militaires dans l’ensemble des territoires palestiniens et le général Hosni Rabaya a été désigné à la tête de la police.
Le général Rabaya a déclaré à des journalistes qu’il était "certain de rétablir la sécurité, car c’est l’exigence de la population". M. Abbas a également appelé auprès de lui comme conseiller spécial avec rang de ministre le général Amine Al-Hindi, jusque-là chef des Renseignements généraux pour la bande de Gaza et la Cisjordanie. Son successeur à la tête de ces services est le général Tarek Abou Rajab. Le 14 avril, M. Abbas avait décrété une réorganisation des forces de sécurité, les plaçant toutes, à l’exception des Renseignements, sous la tutelle du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité nationale, le général Nasr Youssef. Mamdouh Nawfal, un analyste politique et ancien conseiller de Yasser Arafat, a indiqué que la pression des Américains pour des réformes sécuritaires avaient notamment motivé la décision de M. Abbas.
Le général américain William Ward, coordinateur spécial pour aider les Palestiniens dans le domaine sécuritaire, s’est entretenu à plusieurs reprises avec M. Abbas ces dernières semaines. Le dirigeant palestinien doit, en outre, se rendre en mai à la Maison-Blanche où il espère obtenir des Etats-Unis une aide financière et une pression politique du président américain, George W. Bush sur Israël. "Bien sûr, même si ces mesures constituent un sujet intérieur, nous pouvons dire également qu’elles ont été prises en fonction de suggestions internationales", a dit M. Nawfal. "Cela va aider Abou Mazen (Mahmoud Abbas) dans ses discussions avec Bush. Il sera en mesure de dire à Bush: «J’ai fait mon devoir et j’ai maintenant besoin de montrer à mon peuple que je peux obtenir des résultats sur les plans politique et économique», a-t-il poursuivi. Jibril Rajoub, conseiller pour la Sécurité nationale à la présidence de l’Autorité palestinienne, a déclaré que ces nouvelles nominations seraient accompagnées par une législation visant à réformer les services de sécurité. "Le processus d’unification des services de sécurité se poursuivra à travers l’adoption de nouvelles lois qui établiront le travail et les missions de ces services et leur relation avec la population", a-t-il dit à l’AFP.
Selon M. Rajoub, proche de Yasser Arafat mais qui est parvenu à conserver des responsabilités sous la direction de M. Abbas, ceux qui ont été mis sur la touche ne protesteront pas contre leur sort. "Cette mesure a été prise rapidement et tous ceux qui ont été écartés ont accepté la décision", a-t-il assuré. En Israël, la population célébrait la Pâque juive, Pessah, entourée de strictes mesures de sécurité. Les forces de sécurité étaient en état d’alerte pour prévenir d’éventuels attentats. Les territoires palestiniens étaient également bouclés. Le 27 mars 2002, le soir de la Pâque juive, un kamikaze palestinien avait commis l’attentat le plus sanglant depuis le début de l’Intifada, en tuant 29 personnes dans un hôtel de Netanya, au Nord de Tel-Aviv.

Sakher Abou El-Oun (AFP)

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