Abbas stigmatise « l’ennemi sioniste »

Peu coutumier de ce type de vocabulaire, le chef de l’OLP, considéré comme un modéré, a laissé éclater sa colère lors d’un meeting électoral à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, peu après l’annonce de la mort des sept Palestiniens à Beit Lahya, dans le nord du territoire. Réagissant à cette déclaration, le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, l’a jugée « très préoccupante », même si elle avait été faite dans le cadre d’une campagne électorale. « Nous pensons qu’il ne doit pas user de ce type de langage durant sa campagne électorale et il vaudrait mieux qu’il agisse pour stopper les tirs de roquettes contre nos villes et villages », a ajouté M. Shalom. « Nous prions pour les âmes de nos martyrs tombés aujourd’hui sous les obus de l’ennemi sioniste à Beit Lahya », a déclaré auparavant M. Abbas devant des milliers de supporteurs, à Khan Younès. « Nous restons fidèles aux principes de Yasser Arafat appelant à chasser l’occupant de notre terre. L’occupant a beau détruire et tuer, il ne brisera pas notre volonté », a martelé M. Abbas, qui fait campagne dans la bande de Gaza depuis vendredi, en vue du scrutin du 9 janvier. « Israël poursuit ses horribles agressions alors que le monde entier parle de l’élection palestinienne », a déclaré pour sa part le Premier ministre, Ahmad Qoreë, à l’issue d’une réunion du cabinet à Ramallah, en Cisjordanie. Les sept Palestiniens, dont un enfant de 11 ans, ont été tués par les obus de chars israéliens tirés sur une ferme depuis laquelle des activistes palestiniens venaient de mener une attaque à la roquette contre des cibles israéliennes, selon des témoins. Trois des victimes avaient 16 ans et deux autres 17 ans. Les sept morts cueillaient des fraises dans la ferme, ont affirmé des témoins palestiniens.
Mais le commandant de la brigade israélienne déployée dans le nord de la bande de Gaza, le colonel Avi lévy, a affirmé que l’armée avait tiré sur « un groupe de terroristes masqués qui se préparait à tirer au mortier », après un premier tir. Un porte-parole militaire, interrogé par l’AFP, a accusé pour sa part les groupes armés palestiniens de mettre en danger les civils en opérant dans des zones habitées.
Treize autres Palestiniens, dont de nombreux enfants, ont été blessés. Quatre d’entre eux se trouvent dans un état grave, selon des sources médicales. Des obus de mortier palestiniens se sont abattus, mardi matin, sur la zone industrielle d’Erez et près de la colonie juive de Nissanit, alors que sept roquettes artisanales sont tombées sur la ville de Sdérot, dans le sud d’Israël, faisant en tout deux blessés, légers. La poursuite des tirs de roquettes palestiniennes apparaît comme un geste de défi à M. Abbas, qui les avait condamnés dans des déclarations publiques lundi. Par ailleurs, un Palestinien a été tué mardi devant sa maison et huit autres ont été blessés à la suite d’un accrochage entre des activistes et l’armée israélienne, à l’est de Gaza.
Ce décès porte à 4.669 le nombre de personnes tuées depuis le début de l’Intifada fin septembre 2000, dont 3.624 Palestiniens et 970 Israéliens.Sur le plan diplomatique, le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul, a assuré Israël de la solidité des liens avec son pays, qui avaient pâti des critiques d’Ankara envers la répression de l’Intifada. »Notre amitié est solide », a déclaré M. Gul à l’issue d’un entretien à Jérusalem avec son homologue israélien.M. Gul est le plus haut responsable turc à se rendre en Israël, depuis l’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP), issu du mouvement islamiste, dont beaucoup de sympathisants sont hostiles à l’Etat hébreu.

• Sakher Abou El-Oun AFP

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