«ado.justice.gouv»

Zineb El Ghzaoui a accordé un entretien à un site d’actualité dans lequel elle essaye d’expliquer ce que c’est que le MALI (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles). Pour rappel, Mlle El Ghzaoui est une jeune journaliste – qui ne fait plus partie de l’équipe du Journal Hebdomadaire, selon des précisions à maintes fois répétées par le directeur de ce dernier – qui s’est réveillée un beau matin du mois de Ramadan dernier et a décidé de sortir manger en public en compagnie de quelques amis à elle. Interpellés par la police, elle et ses co-dé-jeûneurs ont été entendus puis relaxés. En principe, l’affaire devait s’arrêter là puisque la société toute entière, islamistes radicaux compris, a conclu que cet acte relevait de l’impulsivité de jeunes en quête d’identité. Attitude normale à un certain âge et, donc, pardonnable.
Mais, la jeune cyber-militante ne veut pas se faire oublier. Elle accorde des entretiens dans lesquels elle ne révèle qu’une seule chose : sa naïveté intellectuelle. «Les «dé-jeûneurs» sont probablement une minorité au Maroc, mais je pense qu’une grande majorité de citoyens est contre des articles de loi liberticides comme le 222», ose-t-elle affirmer. «Probablement» ? Comment peut-elle avoir le minimum de doute sur le fait que les jeûneurs au Maroc sont la majorité écrasante et que les dé-jeûneurs sont une minorité insignifiante ? Et comment peut-elle être sûre que la majorité des citoyens serait contre l’article 222 ? On se demanderait alors pourquoi l’interpellation des cyber-militants du MALI, qui se cachent derrière des nicknames et une page sur facebook, n’a pas provoqué une marche colossale de protestation en plein centre de Casablanca.
Sur les autres aspects de l’entretien, nul besoin de faire un commentaire. Il est préférable d’orienter Mlle. El Ghzaoui vers une page web que le gouvernement français a créée pour permettre aux adolescents de mieux comprendre les droits de l’Homme. Ce site (www.ado.justice.gouv.fr) apprend aux adolescents français que : «Les libertés sont reconnues à tous, mais leur usage ne peut être illimité. L’exercice d’une liberté ne doit pas porter atteinte à la liberté des autres, à la dignité de la personne, à la santé et à l’ordre public. Ainsi, on a prévu des limites à l’exercice des libertés, et la loi prévoit des sanctions en cas d’abus de ces droits à la liberté : La liberté, ce n’est pas la liberté de faire n’importe quoi n’importe où». Voilà un texte qui peut enrichir les connaissances de certains membres du MALI.

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