Affaire Semira Adamu : Cinq gendarmes renvoyés en correctionnelle

La chambre du conseil de Bruxelles a décidé, mardi, de renvoyer cinq gendarmes devant le tribunal correctionnel pour leur implication présumée dans le rapatriement mortel de Semira Adamu. Cette jeune nigériane étouffée lors de son expulsion de Belgique en septembre 1998.
Les gendarmes doivent répondre notamment de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.
Maître Luc Walleyn, avocat de la ligue belge des droits de l’homme, qui s’était constitué partie civile, a déploré que l’ordonnance de renvoi ne retienne pas les charges de racisme. Semira Adamu, à qui l’asile avait été refusé, avait trouvé la mort le 22 septembre 1998 dans l’avion qui devait la rapatrier vers son pays.
Elle avait été étouffée par le coussin que des gendarmes lui avaient appliqué sur le visage pour l’empêcher de s’opposer à son expulsion. La semaine dernière, les magistrats de la chambre du conseil de Bruxelles avaient procédé au visionnage de la vidéo tournée par la gendarmerie lors de l’opération de rapatriement de l’intéressée. Les faits s’étaient déroulés en présence de sept gendarmes dont trois maintenaient Semira immobile sur son siège, le visage collé contre un coussin.
Sur 1.400 rapatriements depuis 1990, le procédé a servi entre 80 et 100 fois sans incident médical, avait relevé le rapport en notant que le coussin a « un effet dissuasif sur les rapatriés » et « protège mieux les gendarmes des morsures (et du risque de sida) ». Le groupe de travail avait indiqué ainsi qu’il était « unanimement favorable à l’usage prudent du coussin qui ne présente pas de grand risque ». A l’époque des faits, Semira Adamu, qui demandait l’asile à la Belgique, était âgée de 20 ans. Sa mort tragique avait conduit alors à la démission du ministre de l’Intérieur, Louis Tobback.

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