Al-Zarqaoui, maître terroriste et bourreau

Les Etats-Unis offrent 25 millions de dollars (20,5 millions d’euros) pour toute information conduisant à sa capture. Une récompense équivalente à celles promises pour la capture du chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden et de son bras droit Ayman al-Zawahri. De son vrai nom Ahmed Fadil Nazzal al-Khalayleh, Al-Zarqaoui est né le 20 octobre 1966 à Zarqa, ville à majorité palestinienne située à 27km au nord-est d’Amman. A peine sorti de l’adolescence, ce membre d’une branche pauvre de la puissante tribu bédouine des Bani Hassan part en Afghanistan, pour combattre les troupes soviétiques, mais il arrive trop tard: l’Armée rouge est déjà partie. De retour en Jordanie, il suit des études coraniques à domicile. Condamné à la prison pour possession illégale d’armes à feu, il profite d’une amnistie générale du roi Abdallah, en 1999, pour repartir pour l’Afghanistan et y fréquenter les camps d’Al-Qaïda. On pense qu’il aurait notamment dirigé un camp à Hérat, près de l’Iran, spécialisé dans la fabrication de gaz mortels.
Au fil des ans, il aurait noué des liens avec des groupes terroristes en Irak, au Liban, en Egypte. Al-Zarqaoui est soupçonné d’avoir projeté de tuer des touristes américains et israéliens en Jordanie, lors du passage à l’an 2000. Il aurait aussi préparé des projets d’attentats visant à Amman le siège des services de renseignement, les bureaux du Premier ministre et l’ambassade des Etats-Unis. Il a été condamné par contumace à la peine capitale pour son rôle dans l’assassinat, à Amman en octobre 2002, de Laurence Foley, diplomate américain administrateur de programmes humanitaires en Jordanie. Homme aux identités et aux visages multiples, il aurait été le commanditaire des attentats de Casablanca (Maroc), qui ont fait 45 morts, le 16 mai 2003.
Le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, qui l’a nommément mis en cause dans son intervention du 5 février 2003 devant le Conseil de sécurité, a accusé son réseau d’avoir également préparé des attentats contre la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Allemagne et la Russie. Dans une lettre interceptée en janvier dernier, Al-Zarqaoui revendique 25 attentats perpétrés en Irak. Il est soupçonné d’être derrière les explosions qui ont visé le siège des Nations unies à Bagdad, en août 2003 (22 morts, dont le représentant spécial de l’ONU en Irak, Sergio Vieira de Mello), une mosquée à Najaf également en août et le QG de la police italienne, en novembre 2003. Pourchassé par l’armée américaine, qui bombarde ses repères présumés à Falloujah, le maître terroriste a vu sa notoriété grimper en flèche, ces derniers mois, avec la diffusion sur Internet de trois vidéos à la cruauté barbare, dont celle de la décapitation de Nicholas Berg, jeune entrepreneur américain de 26 ans.

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