Amman : Ouverture du procès Al-Zarqaoui

Mais l’audience a été reportée au 22 décembre, les huit suspects arrêtés ayant refusé de s’adresser à la Cour pour protester contre leurs conditions de détention. Un neuvième suspect, présent lui aussi dans la salle, avait été libéré sous caution.
Al-Zarqaoui, accusé de la plupart des actes de violence en Irak et dont la tête est mise à prix pour 25 millions de dollars par les Américains, et trois autres accusés sont jugés par contumace. « Nous ne voulons pas vous parler », a dit le chef du réseau, le Jordanien Azmi Jayoussi, s’exprimant du box des accusés, à l’adresse du président de ce tribunal militaire d’exception, le colonel Fawwaz Bqour. « Nous voulons au préalable que vous amélioriez nos conditions de détention », a-t-il dit alors que ses co-détenus ont tourné le dos au juge, scandé des slogans islamiques et refusé de répondre à l’appel du président de la Cour qui lisait leurs noms. « Allah Akbar (Dieu est le plus grand), Dieu est notre maître, vous n’avez pas de maître », ont crié les accusés, alors que 50 policiers étaient déployés dans la salle du tribunal et que la sécurité a été renforcée autour du bâtiment. M. Jayoussi, portant une longue barbe, et ses co-accusés ont laissé les policiers les débarrasser de leurs menottes, mais ont refusé qu’ils touchent aux chaînes liant leurs pieds. Le tribunal devrait désigner des avocats aux accusés, avant la reprise du procès la semaine prochaine, seuls trois d’entre eux ayant des avocats.
Le procureur général, Mahmoud Obeidat, a présenté, le 17 octobre, sept chefs d’inculpation contre les 13 accusés, parmi lesquels celui de « comploter pour commettre des attaques terroristes en Jordanie », de fabriquer des explosifs et de posséder des armes. Le groupe est spécifiquement accusé d’avoir préparé, sous les ordres d’Al-Zarqaoui, une attaque contre le siège des services de renseignements à Amman en utilisant des camions bourrés de 20 tonnes de substances chimiques qui auraient pu tuer des dizaines de milliers de personnes. Les autorités avaient affirmé que cette attaque faisait partie d’un plan qui visait aussi à attaquer le bureau du Premier ministre et l’ambassade des Etats-Unis à Amman.
Les chefs d’inculpation présentés en octobre ne mentionnaient pas ces deux dernières cibles. Le groupe est aussi accusé d’appartenance à une organisation illégale appelée Kataëb al-Tawhid (les Brigades de l’unicité), selon un des chefs d’inculpation. Les 13 hommes, y compris trois Syriens dont un est en fuite, sont passibles de la peine de mort. Hosni Moustapha, le seul accusé libéré sous caution, a indiqué à l’AFP que son seul « crime » était d’avoir fabriqué, à la demande de son frère, des caisses qui devaient être placées à l’arrière de deux camions appartenant à Azmi Jayoussi. M. Jayoussi « est venu me voir et s’est présenté comme un homme d’affaires qui a une ferme de poulets », a dit M. Moustapha, accusant son frère de l’avoir leurré et le qualifiant de « fou ».
L’avocat Younès Arab, qui défend le Syrien Mohammad Chaâbane, a déclaré que son client avait tout simplement transmis un passeport et de l’argent liquide à l’un des accusés, sans savoir dans quoi il était impliqué. Al-Zarqaoui avait été condamné à mort par contumace par la Cour de sûreté de l’Etat jordanienne en avril pour le meurtre, en octobre 2002, d’un diplomate américain à Amman. Il est aussi accusé dans un autre procès ouvert lundi à Amman. Lui et un autre suspect jordanien sont accusés d’avoir préparé une attaque contre l’ambassade de Jordanie en Irak et contre des cibles américaines indéterminées.

• Fatima El-Issawi (AFP)

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