AMO : Dernières retouches

Le Premier ministre, Driss Jettou, a présidé, mardi à Rabat, une réunion de travail consacrée à l’examen de la méthodologie de mise en œuvre de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), l’un des projets sociaux les plus ambitieux lancés par le Maroc. Au cours de cette réunion, à laquelle ont participé les ministres de la Santé, Mohamed Cheikh Biadillah, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mustapha Mansouri, du Développement social, de la famille et de la Solidarité, Abderrahim Harouchi, et la secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées, Mme Yasmina Baddou, les participants vont examiner une étude approfondie, élaborée par la Commission technique, pour convenir des moyens les plus appropriés à même de garantir succès à l’entrée en vigueur de l’AMO dans les prochains jours. La Commission technique spécialisée regroupe des représentants des ministères de la Santé, des Finances et de la Privatisation, de l’Emploi et de la Formation professionnelle et de l’Intérieur.
A l’ouverture de cette réunion, qui s’est poursuivie à huis clos, M.Biadillah a indiqué que les participants, outre les membres du gouvernement, qui représentent l’ensemble des secteurs concernés par la mise en application de l’AMO et le régime d’assistance médicale (RAMED), vont s’atteler à étudier la méthodologie qui permettra de définir les critères de choix des bénéficiaires et arrêter leur nombre avec exactitude dans le but de mettre un terme aux problèmes posés auparavant par le certificat d’indigence délivré aux démunis.
Le ministre de la Santé, qui a rappelé la signature de la Charte de mise en œuvre du code de couverture médicale de base, le 4 janvier dernier au Palais royal à Agadir, sous la présidence de SM le Roi Mohammed VI, a annoncé que l’AMO entrera en vigueur après examen de toutes les études, dont certaines comparatives, et enquêtes menées dans ce sens. La couverture médicale de base est fondée sur deux piliers différents mais complémentaires, à savoir un système contributif pour les personnes à revenu formel et stable qui sont assujettis à l’obligation de l’AMO et un mécanisme public de prise en charge des frais de soins pour les personnes vulnérables par le biais du RAMED.
Dans un premier temps, l’AMO va s’appliquer aux deux secteurs public et privé, tandis que la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) va assurer la gestion de cette assurance pour les fonctionnaires et agents de l’Etat, des collectivités locales, des établissements publics et des personnes morales de droit public et leurs ayants droits, ainsi que les titulaires de pensions du secteur public. Quant à la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), qui doit franchir la barre des 2 millions d’affiliés très prochainement, elle va assurer l’AMO pour les personnes assujetties au régime de sécurité sociale et à leurs ayants droit, ainsi que pour les titulaires de pensions du secteur privé. La mise en application du code de couverture médicale permettra de porter le nombre global des bénéficiaires de l’assurance maladie de 17% actuellement à 34% de la population globale du Royaume. Cette couverture, qui sera étendue dans une deuxième phase à la catégorie des professions libérales, portera à 50% le taux de couverture de la population nationale. La mise en œuvre de l’AMO dans le secteur public permettra, quant à elle, d’étendre la couverture à quelque 216.000 nouveaux bénéficiaires, dont 78.000 retraités, soit au total 700.000 bénéficiaires dans ce secteur, portant ainsi à près de 3.200.000 personnes le nombre global des bénéficiaires des prestations de la CNOPS.
Le RAMED, dont le montant global oscille entre 1,7 et 2,3 milliards DH, permettra, pour sa part, de couvrir entre 12 et 15 millions de personnes à revenus limités ne bénéficiant d’aucune couverture médicale.

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