Annan veut une réforme de l’ONU

Il faut que "les Etats membres s’entendent pour prendre une décision d’une façon ou d’une autre avant le sommet mondial de septembre sur les propositions qui leur ont été présentées, y compris (celle) rendant le Conseil de sécurité plus largement représentatif de la communauté internationale", a dit M. Annan à New Delhi où il effectue une visite. Comme dans son rapport sur la réforme de l’ONU présenté le 20 mars, M. Annan a répété qu’il serait "de loin préférable" de prendre "par consensus" la décision d’élargir de 15 à 24 le nombre d’Etats membres du Conseil de sécurité, principal organe de décision de l’ONU.
Si ce scénario s’avérait impossible à mettre en œuvre, M. Annan s’est prononcé pour un vote. "Il sera difficile aux 191 Etats membres de trouver un consensus, mais un large accord peut être atteint", a-t-il redit. Le projet de réforme de l’organisation mondiale et de son système de sécurité collective de M. Annan est sans précédent depuis la création en 1945 de l’ONU. La question la plus sensible porte sur l’élargissement du Conseil de sécurité. M. Annan a laissé aux Etats le soin de trancher entre deux options possibles de répartition des sièges, entre permanents et non permanents, sans proposer de nouveaux droits de veto.
Ce projet est généralement bien accueilli, mais l’élargissement du Conseil de sécurité se heurte à des réticences. De plus, la Chine, les Etats-Unis et la Russie ont rejeté l’idée d’imposer des "dates butoir" alors que M. Annan souhaite une adoption de ses propositions en juin ou juillet pour qu’elles soient entérinées lors du sommet mondial à New York. En septembre dernier, l’Inde, l’Allemagne, le Brésil et le Japon, avaient pris la décision d’unir leurs efforts pour obtenir un siège permanent.
Actuellement seuls la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie appartiennent au club très fermé des pays dotés d’un droit de veto. M. Annan a qualifié jeudi d’"utopique" l’espoir des candidats à un siège permanent d’obtenir ce droit de veto, mettant un frein aux rêves caressés par l’Inde. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité "ne sont pas disposés à créer des vetos supplémentaires", a-t-il prévenu, estimant qu’un élargissement, même "sans veto, sera en soit une étape majeure".
New Delhi avait plaidé sa cause mercredi, pour l’obtention d’un siège permanent, auprès de M. Annan, qui n’a pas souhaité se prononcer à ce sujet. Mais, a-t-il dit, les pays qui apportent "des contributions majeures à l’ONU, politiquement ou diplomatiquement", doivent être au centre de l’élargissement. L’Inde estime que sa population de plus d’un milliard de personnes, son rôle en tant que plus grande démocratie du monde, son émergence économique, sa participation à 42 des 60 opérations de paix de l’ONU, lui valent d’obtenir un siège permanent. Evoquant toujours les changements au sein de l’ONU, M. Annan dont le mandat de secrétaire général de l’organisation s’achève fin 2006, a dit qu’un "candidat avait émergé de Thaïlande" pour le remplacer, rappelant que l’élection à ce poste avait lieu sur la base d’une rotation et que, "la prochaine fois, c’est au tour de l’Asie". M. Annan qui faisait un discours public suivi d’une conférence de presse en a profité pour appeler au retour de la démocratie "aussi vite que possible" au Népal où le roi a pris les pleins pouvoirs. Il a aussi dit que l’ONU était prête à aider la Birmanie à emprunter la voie démocratique, tout en appelant la junte birmane à libérer le chef de file de l’opposition Aung San Suu Kyi.

Elizabeth Roche (AFP)

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