Arafat : L’espoir assiégé

Les chars Israéliens encerclent son quartier général de Ramallah, en Cisjordanie. à l’intérieur, Yasser Arafat, son pistolet posé sur le bureau devant lui, enchaîne les entretiens téléphoniques avec les télévisions arabes.
Grâce à la torche électrique tenue par un conseiller, il lit ses documents et affirme à la chaîne qatarie Al Jazira qu’ «aucun palestinien et aucun arabe ne cèdera ni ne s’agenouillera». Mais les conseillers du président de l’autorité palestinienne doivent rapidement le conduire dans un autre bureau lorsque celui où il se trouve est pris pour cible par les tirs de Tsahal, explique l’entourage du raïs. à 72 ans, le dirigeant palestinien, cantonné dans son quartier général depuis le 3 décembre par l’Etat hébreu, doit faire face à l’une des épreuves les plus rudes d’une existance pourtant mouvementée. Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a ordonné vendredi à ses forces d’assiéger l’«ennemi» d’Israël, coupable à ses yeux de n’avoir pas fait le nécessaire pour empêcher les derniers attentats suicide, et notamment celui qui a tué 20 personnes mercredi soir à Netanya, dans le nord de l’Etat hébreu. Si Arafat est indemne – pour l’instant -, les rues de Ramallah, ville habituellement très animée, sont dévastées.
Briques et debris au moins cinq palestiniens ont été tués par les tirs d’une centaine de chars et de véhicules blindés israéliens entrés dans la ville, rapportent des témoins et des médecins. Parmi les victimes figurent une jeune femme de 22 ans attirée dans la rue par le bruit tonitruant des blindés, ainsi qu’un homme qui se rendait vraisemblablement à la mosquée. Un caméraman palestinien a pour sa part été touché à la mâchoire alors qu’il circulait en voiture, et un soldat israélien a également été abattu par un tireur palestinien. Devant le QG d’Arafat, des briques rouges et des débris métalliques gisent à même le sol. Selon des témoins et des responsables, des Bulldozers militaires ont démoli le mur d’enceinte du complexe présidentiel avant que les chars ne pénètrent en abattant les portails. Ils ont alors pris position dans la cour pavée où Arafat a accueilli de nombreux dirigeants étrangers depuis son retour d’exil, en 1994. Six gardes du corps du raïs, qui avaient ouvert le feu avec leurs kalachnikovs pour tenter de stopper l’avancée israélienne, ont été blessés, ont affirmé des responsables de la sécurité palestinienne. Les chars ont ensuite tiré sur le bâtiment, provoquant un petit incendie rapidement maîtrisé.

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