Autonomie : Cap sur l’Amérique Latine

Autonomie : Cap sur l’Amérique Latine

Après sa mémorable percée politique lors du 14ème Sommet du Mouvement des non-alignés (MNA), qui s’est déroulé en septembre 2006 à la Havane (Cuba), le Royaume repart en campagne pour expliquer son projet d’autonomie dans plusieurs pays d’Amérique Latine. Les émissaires de SM le Roi, Mohamed Benaïssa et Khali Henna Ould Errachid, respectivement ministre des AE et président du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), ont entamé, lundi à Buenos Aires (Argentine), un périple qui les conduira au Brésil, Paraguay, Chili, Pérou, Colombie, Venezuela, Panama, et au Mexique. Fort d’un soutien franc et massif, recueilli la semaine dernière auprès des capitales arabes, après l’adhésion des grandes puissances mondiales, qui ont exprimé un « grand intérêt » à l’offre marocaine, dernière ligne droite pour une sortie d’un conflit artificiel, créé de toutes pièces, le Royaume peut également compter sur ce que l’on peut appeler un véritable «sursaut de conscience» au sein des pays d’Amérique Latine. Le Maroc a réalisé, en septembre dernier, une indéniable victoire politique au cœur de la Havane, là même où sont déportés et séquestrés annuellement les enfants d’une population sahraouie qui sert ni plus ni moins de «bouclier humain» à la chimérique «république» de Mohamed Abdelaziz. Le 14ème Sommet de la Havane, faut-il le rappeler, a adopté à la fin de ses travaux un texte, soumis par la présidence cubaine, qui appelle stricto sensu à «une solution politique mutuellement acceptable de la question du Sahara», portant ainsi le dernier clou au cercueil du «Plan Baker II». Le projet d’autonomie, qui annonce une sortie de crise, s’avère également une porte d’entrée à l’intégration politique et économique du Maghreb. A l’instar des grandes puissances mondiales, membres permanents ou non permanents du Conseil de sécurité, les pays d’Amérique Latine ne peuvent que manifester leur soutien à la proposition prônée par le Royaume et qui, par-dessus tout, va dans le sens de la démarche préconisée par l’ONU, soit la recherche d’une « solution politique équitable et mutuellement acceptable ». L’infléchissement de la position de certains pays d’Amérique Latine, dont le Mexique, sur la question du Sahara est intervenu à la suite d’un travail diplomatique patient mené ces dernières années par le Royaume. La tournée historique effectuée, fin novembre et début décembre 2004, par SM le Roi Mohammed VI dans plusieurs pays de cette région (Mexique, Brésil, Pérou, Chili et Argentine), y est pour beaucoup. Destinée à renforcer les relations du Royaume avec l’Amérique du Sud, cette tournée s’est révélée également un vecteur de rapprochement entre les pays arabes et ceux d’Amérique Latine. Pour s’en rendre compte, il suffit de rappeler que le Maroc a été le principal initiateur du Sommet qui s’est tenu en mai 2005 au Brésil entre les chefs d’Etat de la Ligue Arabe et ceux de plusieurs pays d’Amérique Latine. Avec cette initiative, le Royaume a apporté la preuve de sa capacité à impacter le dialogue Sud-Sud. Avec le projet d’autonomie, c’est une autre porte qu’il ouvre pour la concrétisation d’une belle idée née en 1989 à Marrakech : l’Union du Maghreb Arabe (UMA). L’intérêt exprimé par la communauté internationale à l’offre marocaine trouve son explication principale dans le bien-fondé du projet, mais aussi dans la démarche participative qui a présidé à son élaboration, puisqu’elle a impliqué les partis politiques et le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), lequel représente les deux tiers de la population marocaine sahraouie. Le Polisario, censé représenter le tiers restant, n’est plus que l’ombre de lui-même. Une chimère.

 

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