Ben Laden aurait mis sa famille à l’abri

Oussama Ben Laden a déménagé et installé sa famille dans une maison sûre du fin fond de l’Afghanistan quelques jours avant les attentats du 11 septembre aux États-unis, selon l’une de ses quatre épouses interrogée par une revue saoudienne.
Cette femme, désignée par les initiales A.S. par le magazine “Al-Majalla” publié dimanche, indique que son mari, qui prend des tranquillisants et souffre toujours de problèmes de reins, « est devenu fou furieux » lorsqu’elle lui a demandé s’il était derrière les attentats simultanés d’août 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie (231 morts).
Elle a entendu Ben Laden dire au sujet de ces attaques que l’amérique était son principal ennemi et que « des jeunes, guidés par dieu, avaient donné une leçon à l’amérique ». « Il me disait toujours qu’il avait un grand projet et qu’il s’était juré d’affronter » l’Amérique et Israïl, selon cette femme. Il accusait l’amérique d’ « humilier » les Arabes et disait avoir « Un grand nombre de jeunes moudjahidines qui haïssaient l’amérique et étaient prêts à se battre contre elle ».
A.S. a la conviction que son mari est toujours vivant. « je sens en moi qu’il est toujours vivant et que s’il était mort, le monde entier le saurait car la mort d’Oussama ne peut pas être cachée », déclare-t-elle dans cet entretien dont la date n’est pas précisée.
Ben Laden se trouverait encore en Afghanistan : « Il voulait mourir là-bas et m’a dit une fois que s’il quittait l’Afghanistan, ce serait pour aller à dieu ». Au magazine qui lui demande si elle regrette d’avoir eu pour époux un terroriste présumé, elle répond n’avoir « aucun regret car c’est la volonté de dieu. je ne le considère pas comme un terroriste ».
Elle précise qu’elle a vu BenLaden pour la dernière fois dans leur maison de kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, avant le 11 septembre. « Il est rentré, m’a donné un téléphone et m’a demandé de dire à ma mère que nous déménagions et ne serions plus joignables avant longtemps », raconte-t-elle. ils ont gagné « un endroit au sud, près de la frontière pakistanaise, une maison appartenant au chef d’une tribu ».
« Au bout de quelques jours, nous avons entendu parler des explosions en Amérique et qu’elle avait déclaré la guerre à Oussama et aux Talibans », poursuit la femme de Ben Laden. Quand les bombardements américains ont commencé le 7 octobre, « nous avons déménagé pour une région montagneuse avec quelques uns des enfants et avons vécu dans une grotte pendant deux mois ». Puis le fils de Ben Laden et des hommes de la tribu les ont conduits « au Pakistan où ils (les) ont livrés au gouvernement ». Dans les mois précédant le 11 septembre, Ben Laden rentrait tard et restait allongé pendant des heures sur son lit sans parler, s’énervant quand son épouse lui adressait la parole. « Après, il a eu l’air constamment anxieux et épuisé d’être resté éveillé la nuit. Il prenait presque chaque jour des médicaments pour dormir. Il se plaignait d’avoir mal aux reins et m’a dit un jour qu’il allait se faire soigner au Pakistan ». C’était deux mois avant les attentats de New York et de Washington.
Selon ce témoignage, Ben Laden et le Mollah Omar, chef suprème des Talibans, également en fuite depuis la chute du régime, avaient des désaccords et le millionnaire d’origine saoudienne craignait que les afghans ne le livrent aux Etats-Unis ou qu’il ne soit liquidé.
Leurs désaccords portaient notamment sur l’éducation des enfants, les talibans estimant qu’elle devait se limiter strictement à la religion. ceux de Ben Laden recevaient des cours privés d’arabe, d’anglais, de mathématiques, de sciences, voire d’informatique, selon cette femme.

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