Bush défend Donald Rumsfeld

Ces élus ne sont pas les seuls puisqu’une majorité d’Américains (52%) souhaitent le départ de M. Rumsfeld, selon deux sondages publiés lundi. Seuls 35% d’entre eux approuvent la manière dont le ministre, l’un des plus influents de l’administration, exerce ses fonctions, indique l’enquête d’opinion de la chaîne ABC et du Washington Post.
Interrogé à deux reprises lors d’une conférence de presse sur l’avenir de son secrétaire à la Défense, M. Bush a défendu son bilan et sa personnalité, attaqués à la suite d’un récent voyage dans le Golfe où il avait été interpellé par un soldat estimant les forces américaines mal équipées pour faire face aux insurgés en Irak. « Ecoutez, je sais quel coeur a le secrétaire Rumsfeld, je sais combien il se soucie des troupes. Lui et sa femme vont tout le temps à Walter Reed et Bethesda (deux hôpitaux militaires de la région de Washington) pour réconforter des soldats blessés et leur remonter le moral », a souligné le président américain.
La réponse de M. Rumsfeld au souci de sécurité évoqué par le soldat, selon laquelle « on va à la guerre avec l’armée dont on dispose, pas avec celle qu’on souhaite avoir » avait choqué, donnant l’image d’un dirigeant froid, « d’une arrogance à couper le souffle », selon l’avis de William Kristol, figure de la mouvance néo-conservatrice qui avait milité pour la guerre en Irak. « J’ai entendu l’angoisse dans sa voix et vu ses yeux quand il parle du danger en Irak et du fait que des jeunes sont là-bas, risquant leur vie, c’est un homme bon, même si parfois son attitude est dure », a assuré M. Bush en évoquant le chef du Pentagone. « Sous cette apparence, il y a un être humain bon qui se soucie profondément des militaires et de la peine causée par la guerre », a plaidé le président américain.
Auparavant, M. Bush avait expliqué combien il était heureux que M. Rumsfeld demeure à la tête du Pentagone pour son second mandat. « Je lui ai demandé de rester car je comprends la nature du travail et je crois qu’il fait vraiment du très bon boulot. Le poste de secrétaire à la Défense est complexe, complexe en temps de paix et plus complexe encore en temps de guerre », a-t-il déclaré. M. Bush a rappelé que « le secrétaire (à la Défense) avait géré son ministère alors que deux batailles majeures étaient menées dans la guerre contre le terrorisme, l’Afghanistan et l’Irak ». M. Rumsfeld fait, depuis 11 jours, l’objet de critiques croissantes dans le clan républicain.
Dimanche encore, des parlementaires montaient au créneau, appelant le chef du Pentagone à « écouter » les critiques et à « réévaluer » ses projets. « Je n’ai pas confiance en Rumsfeld », a déclaré le sénateur républicain Charles Hagel, étoile montante de son parti, jugeant « absolument impardonnable de ne pas avoir préparé nos troupes » à la situation en Irak. Les parlementaires se sont toutefois abstenus de réclamer sa démission. Il « devrait rendre des comptes et rester en poste », a ainsi déclaré le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Richard Lugar. Tom DeLay, chef de file des républicains à la Chambre des représentants, a pour sa part fustigé, lundi, la « frénésie de critiques » contre M. Rumsfeld, qu’il a qualifié de « figure historique au Pentagone ».

• Pascal Barollier (AFP)

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *