Cellules dormantes en Asie

Les organisations islamistes du Sud-Est de l’Asie ont envoyé jusqu’à 3.000 adhérents en Afghanistan et aux Philippines afin d’y subir un entraînement au terrorisme, selon une étude américaine largement diffusée en Australie.
D’après le professeur Zachary Abuza, il y a un effectif beaucoup plus important que ce qu’on croyait jusqu’à présent, constituant des cellules dormantes dans les pays de l’Asie du sud-est.
Intitulée « les tentacules de la terreur — le réseau Al-Qaïda en Asie du sud-est », cette étude affirme que la plupart de ces extrémistes se sont voués à la guerre sainte dans leur pays d’origine à savoir la Malaisie, l’Indonésie et les Philippines.
« La plupart de ces Asiatiques sont revenus et ils ont commencé à s’engager eux-mêmes dans le Djihad à l’intérieur même de leur propre pays en recrutant notamment des adeptes avec l’objectif de créer des Etats islamiques dotés de la Charia a (loi musulmane) » souligne le document. L’étude, dont le quotidien The Australian et la radio abc font largement état, affirme que les liens tissés depuis neufs ans entre le réseau régional Jamaah islamiah (ji) et celui d’Al-Qaïda de Oussama Ben Laden s’avèrent être à un niveau alarmant. Récemment mise hors la loi, la ji est soupçonnée d’avoir organisé l’attentat qui a frappé l’île indonésienne de Bali le 12 octobre et fait plus de 190 morts, dont 82 de nationalité australienne.
Le Pr Abuza estime que Ben Laden s’est rendu compte que l’Asie est une région présentant un grand potentiel pour le recrutement de militants et le développement de la révolution islamique.
La région présente un certain nombre de pays dotés de gouvernements faibles, ayant des frontières poreuses où l’usurpation d’identité ainsi que le blanchiment sont faciles de même que l’accès au marché des armes grâce à une bureaucratie corrompue, ce qui donne aux terroristes des possibilités d’entraînement et d’action effective. L’étude affirme que le chef de l’organisation terroriste a également identifié l’Indonésie comme le maillon faible de la région et avance que « Al-Qaïda a tiré partie de l’instabilité politique pour considérer l’Indonésie comme une nouvelle frontière ».
Ayant fait état de ses informations à la police fédérale australienne, le Pr Abuza a déclaré à la radio abc qu’il existe, selon lui, un millier de terroristes potentiels ayant suivi un entrainement en Afghanistan et aux Philippines actuellement dans la région.
D’après lui, la ji compte tout au plus 500 membres dont beaucoup de ses principaux chefs ont été récemment arrêtés. Membre du Simmons college de Boston, le Pr Abuza affirme que les forces spéciales américaines ont joué un rôle important en aidant l’armée Philippine à éliminer les camps du groupe rebelle Abu Sayyaf et du front moro de libération islamique (milf). La plupart des membres de la ji semblent avoir été entraînés dans les camps du milf dans le sud des Philippines, a affirmé le Pr Abuza. Ce spécialiste affirme que l’éventualité d’une aide militaire de l’Australie à l’Indonésie a été évoquée publiquement en dépit des relations toujours difficiles entre les deux pays. « Je pense que la destruction de ces camps, s’ils existent encore aujourd’hui en Indonésie, est un objectif très important », a ajouté l’universitaire.
Cependant le risque d’une forte réaction nationaliste en Indonésie contre l’Australie qui aurait compromis durablement ses intérêts, a été prise en compte, a-t-il ajouté.

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