Chaîne humaine à Gaza contre le bouclage israélien

Des milliers de Palestiniens ont formé lundi une chaîne humaine à Gaza pour protester contre le blocus imposé par Israël, dont les forces de sécurité se tenaient prêtes pour faire face à tout débordement à la frontière. Sous une légère pluie, les manifestants, pour la plupart des écoliers, se sont alignés sur l’axe Salahedine qui traverse le territoire palestinien de Rafah, au sud, jusqu’à Beit Hanoun au nord sur près de 40 kilomètres.En fin de matinée, un groupe rassemblé à Beit Hanoun, avec des cadres du mouvement islamiste Hamas en première ligne, a marché vers Erez, principal point de passage entre la bande de Gaza et Israël tandis que des appareils israéliens survolaient le secteur.
«Le siège de Gaza ne fera que nous renforcer», «le monde a condamné Gaza à mort», ou «Sauvez Gaza», pouvait-on lire sur des pancartes. Alors que les manifestants se dispersaient, un groupe d’enfants a mis le feu à un pneu à des dizaines de mètres de la position militaire israélienne d’Erez et lancé des pierres. Les soldats ont tiré blessant deux enfants, selon des sources médicales palestiniennes. L’armée a affirmé avoir arrêté «une cinquantaine» de Palestiniens qui s’étaient approchés d’Erez. La manifestation a été organisée par le Comité populaire contre le siège de Gaza (PCAS), dirigé par le député Jamal Al-Khoudari proche du Hamas qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. L’armée et la police israéliennes se tenaient prêtes pour faire face à tout débordement à la frontière, laissant entendre qu’elles n’hésiteraient pas à tirer des balles réelles en dernier recours. «Il s’agit d’une activité pacifiste et civilisée qui permet aux gens d’exprimer leur rejet du siège et de la punition collective», a déclaré M. Khoudari. Nous poussons un cri d’alarme pour que le monde réagisse». «C’est un message adressé à la communauté internationale et à l’occupation israélienne et j’espère qu’ils le saisiront en levant le siège», a renchéri Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas. Le député du Hamas Ismaïl Al-Ashqar a averti que «si le siège n’est pas levé, il y aura un ouragan qui inondera toute la région». Houzeifa Al-Masri, 14 ans, est venu manifester avec ses camarades de classe. «On n’a pas assez de nourriture et les incursions israéliennes sont fréquentes. Nous voulons vivre en sécurité comme le reste du monde». Voilée et portant son uniforme bleue d’écolière, Maram Maarouf affirme être «venue dire au monde qu’il faut lever le siège imposé au peuple palestinien. Ne nous privez pas de nourriture et de médicaments».
Les points de passage de Gaza, contrôlés par Israël, sont fermés quasiment en permanence depuis la prise de pouvoir par le Hamas. En représailles à la poursuite des tirs de roquettes palestiniennes, Israël a imposé le 17 janvier à Gaza un blocus qui s’est traduit par des pénuries de produits de base et des coupures d’électricité.
Israël craignait que la chaîne humaine ne se mue en une marche vers le territoire israélien. En janvier dernier, des centaines de milliers de Palestiniens de Gaza sont passés en Egypte après la destruction de la clôture frontalière à l’explosif par des activistes du Hamas. Le vice-ministre de la Défense, Mathan Vilnaï, a averti qu’Israël «utiliserait tous les moyens nécessaires pour empêcher des infiltrations sur notre territoire souverain». La police a été mise «en état d’alerte avancé» et des renforts ont été déployés dans le sud d’Israël. «L’armée est prête, quel que soit le scénario choisi par les Palestiniens», a dit un porte-parole militaire. Peu après la manifestation, un jeune israélien a été blessé à Sdérot, dans le sud d’Israël, par une roquette tirée depuis la bande de Gaza. Dans la nuit, quatre activistes palestiniens avaient été tués dans des attaques israéliennes à Gaza.

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