Claustration aiguë

Claustration aiguë

Le Maroc réitère encore une fois son appel à la normalisation des relations avec l’Algérie et invite le gouvernement de ce pays à ouvrir les frontières. Après l’appel lancé la semaine dernière à Tripoli à l’occasion de la réunion des chefs de la diplomatie maghrébins, Taïeb Fassi Fihri revient à la charge à Cordoue (Espagne) où se tient la 7ème réunion des ministres des Affaires étrangères de la Méditerranée occidentale. 
«Nous ne devons pas rester prisonniers de la question du Sahara (…) et nous devons aller de l’avant dans l’intégration maghrébine», a dit M. Fassi Fihri avant d’appeler l’Algérie et le Polisario à «saisir l’opportunité qu’offre l’initiative marocaine d’autonomie» pour résoudre définitivement le conflit du Sahara par le dialogue et la négociation, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. «L’initiative marocaine d’autonomie apporte une réponse démocratique à ce conflit et répond aux attentes des populations de la région, de toutes les parties et à celles du Conseil de sécurité qui a appelé au dialogue pour parvenir à une solution négociée», a-t-il indiqué avant d’inviter l’Algérie et le Polisario à «donner une chance au nouvel envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, pour parvenir à une solution définitive et durable au conflit».
Le chef de la diplomatie a saisi l’occasion de la réunion avec ses homologues des deux rives de la Méditerranée pour rappeler que «l’initiative d’autonomie garantit un cadre de démocratie et de liberté d’expression aux populations sahraouies» tout en relevant que «cette initiative est le fruit de larges consultations internes mais aussi de consultations avec des pays amis, comme l’Espagne». «Pour ne pas rester bloqué, le Maroc a lancé un processus de régionalisation et de décentralisation qui s’est inspiré des expériences de plusieurs pays démocratiques, tels que l’Espagne», a-t-il précisé.
Le message marocain est clair. La communauté internationale l’a capté. L’ONU l’a entériné. Les puissances de la région l’ont compris et les amis du Maghreb l’ont soutenu. Une seule partie semble ne pas vouloir comprendre ce message : l’Algérie. Une attitude qui s’explique par une seule chose : le pouvoir dans ce pays craint toute ouverture. Il est contre l’ouverture démocratique, contre l’ouverture économique, contre l’ouverture sociale, contre l’ouverture des dossiers des violations des droits de l’Homme, contre la fin de l’impunité, contre le respect de la volonté du peuple algérien, etc.
Il est donc tout à fait normal qu’il soit contre l’ouverture des frontières. Car, à force de tout verrouiller et de tout fermer, on finit par être attient de claustration aiguë. Une maladie qui, plus elle dure, plus elle devient difficile à traiter.

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