Complicité policière

Complicité policière

Le démantèlement d’un réseau de trafic de drogue aussi tentaculaire que celui du dénommé Lamfadel Akdi, alias «Triha», donne la preuve de la justesse de la politique de recadrage et des missions des services de renseignements lancée ces dernières années. Démanteler une organisation criminelle aussi grande et bien structurée avec une méthode policière classique construite autour d’un seul noyau dur à savoir la police judiciaire n’aurait pas conduit à un aussi bon résultat, indiquent des spécialistes. La nouvelle méthode, elle, constitue à travailler sur un dossier en deux phases, la première consiste à concentrer les efforts sur la collecte d’informations dans la discrétion totale. Cette phase est dirigée par les services de renseignements en collaboration avec la Brigade nationale de la police judiciaire. Une telle opération peut prendre plusieurs semaines voire des mois avant que les différentes ramifications de l’organisation criminelle ne soient totalement identifiées et repérées.
Une fois ce travail terminé, la police judiciaire et prend les commandes pour passer à la phase des interpellations et des poursuites sous la supervision du Parquet. Pendant ce temps là, les services de renseignements continuent à surveiller les réactions et les mouvements qui s’opèrent dans l’environnement des membres de la bande et de leurs complices et d’en informer leurs homologues de la police judiciaire. Dans l’affaire Triha, l’implication de certains responsables dans le réseau n’aurait, peut-être, jamais pu être mise à nu s’il n’y avait pas cette complicité entre les services.
Et cette complicité n’aurait jamais pu exister s’il n’y avait pas eu un recadrage complet de la mission des services de renseignements en intégrant la lutte contre le crime organisé dans leurs prérogatives et, surtout, en créant  un pont de collaboration entre eux et leurs collègues de la police nationale à travers la Brigade nationale de la police judiciaire. Une initiative judicieuse.

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