Contre-offensive diplomatique irakienne

Le numéro deux irakien, Ezzat Ibrahim, a poursuivi jeudi en Egypte une tournée manifestement destinée à faire pièce à celle du vice-président américain Dick Cheney, qui cherche à rallier un soutien arabe à une éventuelle action militaire contre l’Irak. M. Ibrahim, qui a déjà visité au cours des dernières 48 heures la Jordanie, la Syrie et le Liban, s’est entretenu durant environ 40 minutes avec le chef d’Etat égyptien Hosni Moubarak et a quitté, immédiatement après, la capitale égyptienne.
Arrivé au caire à bord d’un avion syrien, M. Ibrahim poursuivra sa tournée en se rendant dans un pays du golfe, a indiqué une source diplomatique irakienne, sans préciser ce pays.
Aucune déclaration n’a été faite à l’issue de l’entretien entre M. Ibrahim et Moubarak, au cours duquel le Président égyptien devait informer le responsable irakien des résultats de ses discussions, la veille à Charm El-Cheikh, avec M. Cheney. Ce dernier effectue un périple dans neuf pays Arabes et en IsraÃŽl, et s’est entretenu jeudi avec les dirigeants du Yémen. Cette tournée a notamment pour but de rappeler, selon George W. Bush, le « danger » que représente le président irakien Saddam Hussein et la nécessité d’une coopération entre les Etats-Unis et les pays du Proche-Orient « pour y faire face ».
M. Moubarak a estimé mercredi qu’une éventuelle frappe américaine contre l’Irak pourra être évitée car, selon lui, le Président irakien acceptera finalement le retour en Irak des inspecteurs de l’ONU sur les armements. Le président américain a justifié mercredi la volonté de son pays de « s’occuper du problème » que constitue, selon lui, Saddam Hussein, par le fait que ce dernier cherche à développer des armes de destruction massive.
« Toutes les options sont sur la table » et « une chose que je ne permettrai pas, c’est qu’un pays comme l »Irak menace notre avenir immédiat en développant des armes de destruction de masse », a dit M.Bush. L’Egypte, ainsi que la majorité des pays Arabes sont opposés à une frappe américaine contre l’Irak et appellent à la préservation de l’intégrité territoriale de ce pays tout en exhortant Bagdad à se conformer aux résolutions de l’ONU. Même le Koweit, qui n’a pas oublié l’invasion irakienne dont il a été victime en 1990, a affirmé qu’il « ne souhaitait pas » une frappe américaine contre l’Irak. La tournée du vice-président irakien vise également à préparer le sommet arabe prévu à Beyrouth les 27 et 28 mars. Le numéro deux irakien a remis mercredi un message de son président à son homologue libanais, Emile Lahoud, relatif au sommet de Beyrouth. Bagdad cherche à obtenir, lors du sommet, un soutien arabe face aux menaces américaines. « Un des sujets à l’ordre du jour du sommet porte sur les menaces contre la sécurité de la nation Arabe. Les menaces contre l’Irak sont des menaces contre cette sécurité », avait déclaré mercredi M.Ibrahim à l’issue d’une entrevue avec le président lahoud.

• Mona Salem (AFP)

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