Criminalité triangulaire

Criminalité triangulaire

 
Ces derniers jours, l’actualité sécuritaire maghrébine a été marquée par trois affaires.
Mardi 21 avril, la police marocaine arrête quatre individus qui avaient braqué une agence de Barid Al-Maghrib à Mehdia et agressé l’un de ses employés. Leur arrestation, grâce à un barrage de contrôle routier établi par la police à Kénitra, a permis de découvrir que la bande était composée de quatre personnes de nationalité française et d’origine marocaine, algérienne, haïtienne et sénégalaise.
Mercredi 22 avril, un convoi militaire algérien est attaqué à Djelfa (275 km au sud d’Alger) par un groupe de terroristes qui ont ouvert le feu sur les soldats faisant six blessés graves. Les attaquants, selon les médais algériens, sont des membres du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui s’est rebaptisé, récemment, «Al Qaïda aux pays du Maghreb islamique».
Jeudi 23 avril, deux diplomates canadiens et deux touristes européennes qui étaient retenus en otage par l’organisation terroriste «Al Qaïda aux pays du Maghreb islamique» sont libérés après plus de quatre mois de captivité quelque part entre le Mali, le Niger et le sud de l’Algérie. Cette organisation terroriste qui opère tout au long des régions sahariennes réclamait la libération de 20 de ses membres détenus au Mali et dans d’autres pays en échange de celle des otages. Cet enlèvement n’est pas le premier du genre. Selon les autorités maliennes, Al Qaïda sous-traite l’enlèvement d’otages aux rebelles touaregs, très actifs dans la région. La dernière prise d’otages, celle de janvier dernier, constituait l’un des incidents les plus graves de ce genre, jusqu’à son dénouement, jeudi. En 2003, il faut le rappeler, 32 touristes européens avaient été enlevés par des rebelles islamistes.
Ces trois affaires, même si elles ne sont pas directement liées entre elles, montrent que les pays de la région maghrébine et leurs voisins du sud du Sahara ont besoin de développer des liens et des instances de coopération dans le domaine de la sécurité à l’instar de ceux qui existent entre les pays de l’Afrique du Nord et de leurs voisins du Nord. La coopération sécuritaire qui existe entre les pays du groupe des «5+5» n’est plus suffisante pour faire face au banditisme organisé qui est en train de prendre de l’ampleur dans la région. Les activités criminelles transfrontalières traditionnelles entre l’Europe et le Maghreb ont été élargies aux pays subsahariens. On est devant une activité à dimension triangulaire.
Une nouvelle donne dont le Maghreb semble être la première victime puisqu’il se trouvera transformé en plate-forme de toutes les activités menées par les bandes criminelles opérant entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe.
D’où la nécessité et l’urgence d’un règlement de la fausse affaire du Sahara et de l’instauration d’un climat de coopération dans la région.

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