Décryptage : a l’écoute de la société

Le débat «Médias et société» s’achemine vers la fin de sa première phase qui consiste à écouter les points de vue des différentes composantes de la société marocaine sur la presse. Lors d’une conférence de presse tenue, mercredi 17 mars à Casablanca, le coordinateur général de ce débat, les principaux acteurs du secteur des médias et les personnalités politiques encadrant ce dialogue né dans l’enceinte du Parlement, ont dressé un bilan d’étape de leur démarche collective (voir page 5). Un air de satisfecit régnait dans l’ambiance lors de ce point de presse. Les promoteurs du débat ont affiché leur confiance dans l’aboutissement du processus à une véritable mise à niveau du secteur des médias au Maroc. Une mise à niveau globale. Chose qui n’avait jamais été faite auparavant puisque toutes les tentatives de réformer le champ médiatique marocain qui ont eu lieu par le passé ne concernaient que l’un des aspects de la question à la fois. On a réformé le Code de la presse en 2002, puis l’on s’est rendu compte qu’il fallait aussi aider l’entreprise de presse à se moderniser et on a signé un Contrat-programme en 2005, et en 2009, on a découvert que les lois et les subventions ne peuvent suffire à mettre à niveau la chose la plus importante dans l’exercice du journalisme, à savoir le sens de la responsabilité et le respect de la déontologie professionnelle. D’où l’idée d’entamer un dialogue national sur le champ médiatique dans sa globalité qui est sortie des coulisses du Parlement et qui a suscité l’adhésion des représentants du secteur ainsi que de la classe politique et de la société civile. Toutefois, il y a des petits malentendus qui persistent sur la scène et que les organisateurs du débat n’ont peut-être pas assez clarifiés et ce, très probablement, parce qu’ils sont convaincus que le champ médiatique est aujourd’hui, dans sa majorité écrasante, conscient des enjeux du débat. Parmi ces points, figure le fait que certains acteurs médiatiques pensent que l’opération «Médias et société» est une sorte de négociation entre l’Etat et la presse. Or, il s’agit tout simplement d’un débat initié au sein du Parlement pour pouvoir rassembler, pour la première fois, l’ensemble des idées et des requêtes qui existent sur la place concernant le développement du secteur médiatique. D’ailleurs, l’Etat lui-même figure parmi les parties auditionnées dans le cadre de ce débat en la personne du ministre de la Communication. Et pour réussir une opération aussi sensible et nécessitant un effort colossal, on a fait appel à l’un des hommes de médias les plus qualifiés pour mener un tel travail d’écoute et de synthèse, à savoir Jamal Eddine Naji. Et une fois que ce travail sera fait, la société marocaine dans toutes ses composantes politiques, étatiques, professionnelles, etc. aura sur la table un document de base pour travailler sur l’avenir des médias dans un Royaume qui avance à pas sûrs vers la modernité et la démocratie.

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