Décryptage : la voie de la décadence

Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) a des doutes sur l’identité des auteurs des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca qui ont fait 41 morts et une centaine de blessés. Abdelilah Benkirane estime avoir le droit de douter et de s’interroger qui était derrière ces attentats. «Qu’ils nous permettent de douter, car l’Etat n’a pas encore révélé qui était derrière ces attentats», a-t-il déclaré devant près de 1500 congressistes de son parti réunis dans le cadre de l’assemblée générale des conseillers communaux islamistes. M. Benkirane a expliqué à ses frères venant de toutes les régions du Royaume que c’est le parti qui était visé par ces attentats. «Ceux qui étaient derrière ces attentats visaient les mouvances islamistes en général et le parti de la justice et du développement en particulier», a-t-il précisé. En somme, nous avons donc un chef de parti politique représenté au Parlement qui soutient une thèse complotiste dans l’affaire des attentats sanglants du 16 mai. Il l’affirme devant 1.500 membres de son parti actifs dans la gestion communale qui devront en déduire que leur formation ferait l’objet de complots sécuritaires de la part de l’appareil de l’Etat. Ce qui les place, automatiquement, en situation de confrontation avec l’autorité. Pire : M. Benkirane ira jusqu’à faire des insinuations très dangereuses lorsqu’il dira que «ceux qui complotaient contre le PJD de l’intérieur des rouages de l’Etat n’ont pas réussi à l’éradiquer et ils ont dû aller tenter leur chance de l’extérieur». Maintenant, récapitulons logiquement: M. Benkirane accuse l’Etat de ne pas révéler l’identité des vrais commanditaires des attentats du 16 mai, il estime que cela est dû au fait que c’est le parti qui était visé par ces attentats et il précise que ceux qui combattaient le parti de l’intérieur de l’appareil de l’Etat sont ceux-là mêmes qui le font aujourd’hui de l’extérieur. Cette suite logique permet d’aboutir mathématiquement à un résultat qu’aucune personne sensée n’accepterait. La thèse de M. Benkirane devient aussi dangereuse et irresponsable que celle véhiculée par le Parti populaire espagnol sur les commanditaires des attentats du 11 mars 2004 à Madrid. C’est le summum de l’irresponsabilité de la part d’un leader politique, mais, comme à son habitude, M. Benkirane prendra la parole bientôt pour dire que «ses paroles ont été sorties de leur contexte et que c’est le courant éradicateur qui veut exploiter ses déclarations d’une manière malhonnête, etc». Un discours usé auquel il recourt à chaque fois qu’il fait des déclarations hasardeuses. Une option qui ne mène nulle part. La même voie a déjà été explorée par son mentor, l’ancien président du Mouvement unicité et réforme, Ahmed Raïssouni. Elle l’a mené juste vers la décadence.

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