Décryptage : l’homme qui ne voulait pas être maire

L’étau se resserre autour du maire de Rabat. Le socialiste Fathallah Oualalou fait l’objet d’une tentative de putsch qui projette de le pousser à reconfigurer sa majorité ou à abdiquer.
L’opposition, constituée des membres du conseil de la ville affiliés au Mouvement populaire (MP) et de ceux du Parti Authenticité et Modernité (PAM), veut que le maire de la ville éjecte les conseillers islamistes de la majorité. Le PJD, de son côté, affiche avoir confiance dans le respect par le maire de ses engagements politiques envers leur parti lors de son élection. Dans cette situation de confusion où nul ne sait plus qui fait quoi et qui veut vraiment quoi, des conseillers agissent en catalyseurs de cette guéguerre politicienne sans que l’on sache vraiment pour qui ils roulent. La nouvelle recrue du MP, Lahcen Karroumi, un homme qui a joué presque dans toutes les équipes partisanes marocaines – même islamistes – cherche à profiter d’une éventuelle recomposition de la majorité pour créer une ambiance qui lui permettrait d’optimiser la rentabilité de sa spécialité favorite : l’intermédiation politique locale. Le deuxième est l’Usfpéiste Abdelhak El Mantrech. Bien qu’il appartienne au même parti que le maire, les deux hommes ne semblent pas partager les mêmes façons de faire la politique locale. Mais, au-delà de tous ces jeux de trublions communaux, il y a deux choses que nul ne peut démentir. La première est que M. Oualalou ne semble pas très intéressé par son poste. L’homme qui a régné sur les finances du Royaume pendant des années ne s’excite pas pour sa mission à Rabat. Il ne se bagarre pas, il n’innove pas, etc. depuis qu’il est à ce poste, il préfère fuir cette responsabilité qu’il juge peut-être en-deçà de ses compétences, pour aller animer des conférences sur les finances publiques… La deuxième est que les choses ne marchent pas à Rabat. La capitale du Royaume mérite mieux. C’est une ville qui est censée être un exemple en matière de gestion communale pour le reste des villes marocaines. Alors que c’est tout à fait le contraire. Elle est bloquée par des calculs politiciens qui l’empêchent d’avancer. Le PAM, le parti qui cherche à introduire de nouveaux réflexes de gestion locale basés sur la volonté de rendre service à la communauté, se trouve obligé, s’il veut agir, de compter sur le soutien de conseillers ne partageant pas ses idéaux. En attendant, son enfant prodige, Hakim Benchemmas, est en train d’entretenir un petit foyer de démocratie locale dans l’arrondissement Yacoub Mansour espérant un jour le voir s’élargir à l’ensemble de la capitale du Royaume.

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