Décryptage : Phobie de rajeunissement

Dès la rentrée politique, les Marocains devront aller aux urnes pour voter. Ils devront choisir ceux qui les représenteront au Parlement avec ses deux Chambres et ceux qui siégeront dans les conseils communaux et régionaux. Ces élus seront appelés, pour les premiers, à légiférer et à contrôler l’action du gouvernement. Les seconds devront s’occuper des affaires de proximité du citoyen. Et ensemble, ils constitueront l’élite qui se penchera sur les besoins des citoyens et s’attellera au quotidien à y répondre.
Cette élite, ce sont désormais les électeurs qui la choisiront. Une responsabilité qu’il faudra assumer, le jour du vote, avec beaucoup de sérieux et d’enthousiasme. Deux consignes que tout citoyen devra se donner à lui-même : aller voter et le faire en conformité avec ses propres convictions.
Parmi les critères de jugement qui interviendront dans l’orientation du choix des électeurs figure la question de l’âge et du genre. Voter jeune et voter féminin sont deux manières importantes de renouveler l’élite politique marocaine tant espérée par les citoyens et débattue par les observateurs.
Toutefois, on a l’impression qu’il existerait une sorte de phobie chez l’électeur marocain de voter pour les jeunes et de voter pour les femmes et qui vient peut-être de l’enracinement du patriarcalisme dans la société marocaine qui veut que l’on ne fasse confiance qu’aux hommes d’un certain âge. En plus, il faut aussi avouer que les électeurs n’ont jamais eu l’embarras du choix puisque les partis politiques ne leur ont jamais vraiment présenté de jeunes candidats.
Mais, le moment est venu, aujourd’hui, pour que cela change. Le Maroc de la nouvelle Constitution devrait rompre avec cette image de plus en plus lamentable d’une classe politique qui refuse de céder la place qu’elle occupe dans plusieurs cas depuis un demi-siècle. La moyenne d’âge des Premiers ministres européens est de 45 ans au moment de leur élection. Espagne (José luis Zapatero, 44 ans), Royaume-Uni (David Cameron, 44 ans), Suède (Fredrik Reinfeldt, 41 ans), Pays-Bas (Mark Rutte, 43 ans), etc. Chez nous, malheureusement, l’ancienne garde continue à barrer le chemin aux jeunes élites.
Mais, heureusement que la nouvelle Constitution laisse la porte ouverte au changement étant donné qu’elle accorde au Souverain la possibilité de nommer un cadre du parti, autre que le secrétaire général, pour diriger l’exécutif. Sinon, on pourrait voir nos politiques de toujours s’éterniser et s’accrocher davantage à leurs fauteuils…

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