Décryptage : qui contrôle M. Chabat ?

Elle est remarquable la façon avec laquelle le président du Conseil de la ville de Fès, Hamid Chabat, s’efface quand il y a une situation catastrophique comme l’effondrement dans l’ancienne médina qui vient de faire cinq morts et six blessés. Le maire istiqlalien de la capitale spirituelle trouve toujours le moyen de se mettre au-devant de la scène quand il s’agit des belles choses que peut connaître cette ville comme il sait très bien disparaître quand il y a une catastrophe. Ceux qui le connaissent très bien expliquent cette démarche par le fait que l’homme, bien que intellectuellement limité, sait très bien vendre son image. Donc, il applique un principe élémentaire du marketing, à savoir n’associer son image qu’aux bonnes œuvres. Or, pour le cas du drame du quartier Ben Debbab, il s’agit d’une situation dont il est censé être l’un des principaux coupables. Il préfère donc se cacher, le temps que la tempête se calme et qu’il puisse préparer une stratégie. Certes, M. Chabat n’est pas directement responsable du problème en soi, mais il est l’une des personnes qui auraient dû agir depuis longtemps pour éviter de telles pertes humaines. Si le Conseil de la ville a les moyens de construire une plage géante, comme il l’a toujours avancé, pourquoi n’aurait-il pas les moyens de reloger, dignement, les habitants de l’ancienne médina ? En fait, le maire de Fès ne roule que pour son assise électorale qui ne se trouve pas du tout dans l’ancienne médina. Ses comptes de voix sont réglés et regroupés ailleurs. En plus, de telles catastrophes permettent de fragiliser davantage les autorités locales puisqu’elles sont les premières à être mises en cause. Et lui, il est le premier à qui, ces mêmes autorités accourent à la demande de son soutien politique à Rabat pour leur éviter d’être lourdement sanctionnées pour leur négligence. Le questionnement de la responsabilité de M. Chabat est devenu ainsi, politiquement et administrativement, impossible puisque l’homme détient un syndicat qui fait peur, sectoriellement parlant, à la majorité des responsables des administrations publiques, il tient, indirectement, les rênes du parti qui dirige les secteurs vitaux du gouvernement, et il est craint par les autorités locales de la ville dont il préside la mairie. Qui peut donc l’interroger sur son mode de gestion ? Ne s’agit-il pas là d’une situation qui va à l’encontre de la logique démocratique et à laquelle il faut remédier ? Si quelqu’un connaît la réponse, le débat est ouvert.

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