Des islamistes jugés en France en octobre

Les juges d’instruction antiterroristes, Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard, ont signé, lundi, l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, le dernier acte de leur enquête entamée en 2001. Les prévenus, qui seront jugés pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », encourent 10 ans d’emprisonnement.
Au terme de leurs investigations, magistrats et enquêteurs ont acquis la conviction d’avoir évité un attentat massif à quelques jours près. Les dix prévenus sont soupçonnés d’être impliqués, plus ou moins directement, dans la planification d’un attentat lors des fêtes de Noël 2000 visant le marché de Noël, un endroit particulièrement fréquenté de la capitale alsacienne. Parmi eux figure le cerveau présumé de l’attentat, l’Algérien Mohamed Bensakhria, appréhendé en juin 2001 à Alicante en Espagne avant d’être extradé vers la France. Ce dernier s’était rendu à Strasbourg le 10 décembre 2000, pour réaliser un premier repérage, selon les enquêteurs qui soulignent que le marché de Noël venait alors d’y être installé.
C’est à partir de cette date que les membres du groupe, installé à Francfort en Allemagne, vont acheter des explosifs entrant dans la composition d’une bombe. L’enquête française avait démarré après l’arrestation par la police allemande de plusieurs membres de ce groupe. Quatre d’entre eux seront condamnés à Francfort en mars 2003 à des peines de 10 à 12 ans de prison ferme. Dans ses attendus, le président du tribunal de Francfort avait souligné qu’ils avaient préparé un attentat avec une cocotte-minute, un « système particulièrement meurtrier ».
Lors de son coup de filet, la police allemande avait retrouvé des armes, des explosifs et des produits chimiques ainsi que des vidéos dans trois appartements utilisés par les membres du groupe. Il s’agit notamment d’un film tourné à bord d’une voiture, peu avant le 25 décembre, sur lequel on voit la cathédrale de Strasbourg et le marché de Noël, sur fond de chants de guerre afghans. Dans l’une de ces caches, les policiers trouveront également une empreinte digitale du grand absent du procès à venir, l’islamiste algérien, Rabah Kadri, dit « Toufik ». Celui-ci, actuellement en détention provisoire à Londres, sera jugé par défaut à Paris, les autorités britanniques ne l’ayant pas extradé vers la France. Après l’arrestation de son chef Abou Doha à Londres en mars 2001, Rabah Kadri a été l’un des pivots de l’envoi de volontaires dans les camps en Afghanistan et en Tchétchénie.
Deux autres islamistes radicaux poursuivis dans ce dossier sont considérés par les enquêteurs comme des « opérationnels de premier ordre ». Slimane Khalfaoui, un franco-algérien de 29 ans, est l’un d’entre eux. Il est soupçonné d’être un proche d’Ahmed Ressam, qui projetait de commettre un attentat contre l’aéroport international de Los Angeles durant les célébrations du passage à l’an 2000. Il en est de même de Yacine Akhnouche, un algérien mis en examen en février 2002, qui a affirmé avoir rencontré Richard Reid, l’homme aux chaussures piégées du vol Paris-Miami de décembre 2001, et Zacharias Moussaoui, emprisonné aux Etats-Unis pour son rôle présumé dans les attentats du 11 septembre 2001.

• François Ausseill (AFP)

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