Egypte : Arrestation d’intégristes

Les autorités égyptiennes ont annoncé, dimanche, avoir démantelé un réseau de quarante-trois intégristes qui planifiaient des attentats « contre des intérêts occidentaux ».
Selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram, les 43 islamistes projetaient des attentats « contre des intérêts occidentaux, pour porter atteinte à la relation de l’Egypte avec les pays étrangers », ainsi que « contre des personnalités et des installations vitales » en Egypte. La police a confirmé à l’AFP ces arrestations, mais n’en a pas précisé la date.
Le journal affirme que les intégristes sont membres de l’organisation intégriste égyptienne Al-Jihad, dirigée par Aymane Al-Zawahri, considéré comme le bras droit d’Oussama ben Laden.
Selon Al-Ahram, le chef du réseau, nommé Ihab Ismaïl, était en contact avec les dirigeants du Jihad à l’étranger, via l’Internet.
Mais les islamistes ont été présentés au parquet et selon les premiers résultats de l’enquête, « ils n’ont aucun lien avec Al-Qaïda, l’organisation d’Oussama ben Laden, même s’ils sont inspirés par les idées de ce dernier et d’Aymane al-Zawahri », affirme le quotidien. Interrogé par l’AFP, Me Mountasser al-Zayat, avocat des organisations islamistes, a assuré que ces jeunes gens « n’ont aucun lien organisationnel avec quiconque ». « Il s’agit juste d’un groupe de jeunes affectés par les massacres en Palestine », a-t-il ajouté. Selon le journal, les islamistes ont été arrêtés dans la région du Delta, au nord du Caire. Ils avaient acheté des voitures et loué plusieurs appartements ainsi que deux ateliers à Qelg et Noubariya, au nord du Caire, où ils avaient préparé « d’énormes quantités de TNT pour les utiliser dans des opérations terroristes ».
La police a également retrouvé en leur possession des armes, des munitions et d’importantes sommes d’argent.
Al-Ahram ajoute que les islamistes projetaient également d’utiliser « des centaines de pigeons voyageurs, piégés de 200 grammes de TNT chacun, pour attaquer une installation vitale ». Selon les premiers résultats de l’enquête, les 43 hommes ont indiqué avoir été « secoués par les images du massacre de Jenine » en Cisjordanie, au cours duquel 52 Palestiniens avaient été tués par l’armée israélienne en avril dernier, et avoir tenté, en vain de se rendre en Palestine pour y combattre.
Devant leur échec, ils ont commencé à planifier des opérations contre des intérêts occidentaux, ont-il indiqué. Le Jihad et l’organisation intégriste égyptienne Jamaa Islamiya avaient déclenché, en 1992, une vague d’attentats en Egypte, pour tenter de renverser le régime du Président Hosni Moubarak. Mais selon les aveux passés par des dirigeants islamistes lors d’un procès en 1999 au Caire, ben Laden avait demandé aux deux formations de cesser leurs opérations contre l’Egypte, trop coûteuses, pour participer à la lutte contre « l’Amérique et Israël ».
Un ancien membre du Jihad, l’avocat Mamdouh Ismaïl, avait annoncé, en août 1999, que le mouvement avait décidé de renoncer à la violence en Egypte après avoir constaté qu’il était infiltré par les services de sécurité égyptiens. Les Etats-Unis avaient accusé le Jihad égyptien d’être impliqué dans deux attentats meurtriers en août 1998 contre ses ambassades au Kenya et en Tanzanie.
Aymane Al-Zawahri, un chirurgien égyptien qui est considéré comme le cerveau d’Al Qaïda, a quitté l’Egypte au milieu des années 1980 après avoir purgé une peine de trois ans de prison pour son implication dans l’assassinat du Président Anouar el-Sadate, le 6 octobre 1981, que son mouvement avait revendiqué.

• Acil Tabbara (AFP)

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