Errachidia : On attend toujours

Errachidia : On attend toujours

«Nous avons le sentiment, deux mois après la catastrophe, que les moyens n’avaient pas été mis en œuvre pour nous venir en aide», proteste un habitant de Merzouga, la localité la plus touchée par les fortes intempéries qui ont frappé la province d’Errachidia dans la nuit du 26 au 27 mai 2006. Contacté par «ALM», un militant associatif de «Taouz», région qui culmine à 150 kilomètres au-dessus de la vallée du Ziz, nous a dit «regretter que les dossiers de sinistrés soient encore en souffrance», affirmant «avoir alerté les autorités publiques sur l’épuisement du stock des denrées alimentaires distribuées». Même son de cloche chez un fonctionnaire du caïdat de «Taouz», qui reconnaît «la lenteur des procédures de dédommagement». Selon ce responsable, la priorité serait aujourd’hui de construire, à Hassi Lebyed  (Merzouga), un barrage pour éviter de futures inondations. «Ce projet, quoique nécessaire, ne saurait détourner l’attention des pouvoirs publics sur notre calvaire», réplique un sinistré qui, depuis l’effondrement de son foyer, a élu  domicile sous une tente. Depuis la catastrophe du 26 mai, 118 familles n’ont toujours pas de toit. 73 d’entre elles sont hébergées chez des proches, alors que les 35 familles restantes affirment ne pas vouloir quitter leurs tentes tant que les promesses de reconstruction n’ont pas été satisfaites. La «surdité» des autorités a, par ailleurs, alimenté les rumeurs sur la valeur des indemnisations qui seront octroyées. D’après les autorités de Rissani, le montant de ces indemnités sera proportionnel à la nature des dégâts. Des sources déclarent un montant de 30.000 dirhams pour les maisons complètement détruites, ajoutant que les foyers partiellement endommagés auront droit à un montant de l’ordre de 15.000 dirhams. Ces indemnités sont jugées «dérisoires» au regard des dommages subis par la population sinistrée. Au total, 1300 personnes auront perdu leurs biens. Selon les autorités locales, près de 250 domiciles ont été endommagés, alors qu’une dizaine d’autres se sont complètement effondrés à cause des crues. Et ce n’est pas tout… En plus des 260 domiciles touchés, plus de trente auberges ont été inondées. On peut citer, entre autres auberges, «La belle étoile», «Ryad Marina», «Qsar Essania», «Touareg» et «Laman». Sur ce point, les aubergistes affirment avoir enregistré des pertes énormes cet été, d’autant plus que leurs établissements sont la destination privilégiée des amateurs de bains de sable nationaux et étrangers. En fait de récoltes, la saison 2006 est jugée «préoccupante». Les agriculteurs affirment avoir perdu, outre leurs cheptels, les fruits d’une année de dur labeur. La lenteur des aides est venue ainsi raviver les souffrances d’une population sérieusement affectée.

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