Espagne : vers une nouvelle constitution

Les différentes composantes de la classe politique espagnole se sont déclarées en faveur d’une réforme de la Constitution, au lendemain de la naissance lundi de la fille aînée des Princes des Asturies, l’Infante Leonor qui pourrait devenir la première Reine d’Espagne moderne. L’article 57.1 de la Constitution espagnole stipule que "La Couronne d’Espagne est héréditaire pour les successeurs de Juan Carlos I de Bourbon, héritier légitime de la dynastie historique. La succession au trône suivra l’ordre régulier de primogéniture et de représentation, la ligne antérieure étant toujours préférée aux postérieures, dans la même ligne, on précédera le degré le plus proche au plus lointain, au même degré, l’homme à la femme et, dans le même sexe, l’aîné au cadet".
Cet article est jugé "discriminatoire" par plusieurs secteurs de la classe  politique espagnole qui estiment nécessaire une réforme constitutionnelle pour permettre aux descendants de sexe féminin d’accéder au Trône du royaume d’Espagne. L’Infante -titre donné aux filles des rois d’Espagne- Leonor pourrait ainsi devenir la première Reine d’Espagne moderne, depuis Isabelle II (1833-1868).
Au lendemain de son accession au pouvoir, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a souhaité un changement de la loi pour permettre à la première princesse d’Espagne à avoir les mêmes droits d’accession au Trône qu’un garçon.
Pour pouvoir amender la Constitution, l’exécutif a besoin de l’appui des deux tiers des membres du Congrès des députés (chambre basse du Parlement) et du Sénat, doit dissoudre immédiatement les deux chambres et convoquer des élections générales pour que le nouveau Parlement puisse approuver le texte amendé, avant de le soumettre à un référendum.
Après la naissance de la fille aînée des Princes des Asturies, le Premier  ministre socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, a déclaré que son cabinet  maintient le projet de réforme de la Constitution pour la fin de l’actuelle  législature, début 2008, soulignant que la commission des études du Conseil de  l’Etat poursuivra l’analyse de cette réforme.
Son ministre de la justice, Juan Fernando Lopez Aguilar, a affirmé que la naissance de l’Infante Leonor ne suppose "aucune urgence supplémentaire" pour la réforme de la Constitution puisque ce projet "est déjà en marche".
La principale formation de l’opposition, le Parti Populaire (PP, droite), qui s’oppose systématiquement à la moindre démarche du gouvernement socialiste, a pour une fois adhéré à un projet gouvernemental, se déclarant favorable à l’amendement de la Constitution pour éliminer les privilèges de l’homme sur la femme dans l’accession au Trône. "Ce n’est pas une affaire qui doit être résolue sous l’aspect juridique du  jour au lendemain, par conséquent nous disposons du temps nécessaire et nous  devons tous chercher le moment idoine pour mettre en marche" ce projet, dira le  président du PP, Mariano Rajoy.
Même son de cloche chez les experts juridiques du pays. La présidente du Tribunal constitutionnel, Maria Emilia Casas, a estimé qu’une telle réforme est de nature à "mettre les institutions au diapason de leur temps" et la Constitution en harmonie avec une valeur définitivement ancrée dans la société espagnole, en l’occurrence l’égalité entre l’homme et la femme. L’Infante Leonor, fille du prince Felipe, héritier du Trône d’Espagne, et de  la princesse Letizia, est née lundi à 01h46 (00h46 GMT) par césarienne pour  "non progression de l’accouchement".
Dans l’attente de la réforme de la constitution, l’Infante Leonor qui aura aussi le titre de Princesse des Asturies, de Viana et Gerona, avec rang d’Altesse Royale, vient en seconde position, après son père, dans la ligne de  succession au Trône d’Espagne. "Le Prince héritier, dès sa naissance ou dès qu’il aura été désigné comme  tel, portera le titre de Prince des Asturies ainsi que les autres titres  attachés traditionnellement au successeur de la Couronne d’Espagne", stipule le 2ème paragraphe de l’article 57 de la Constitution.
L’héritier du Trône d’Espagne, qui aura 38 ans en janvier prochain, avait  cassé la tradition en se mariant en mai 2004 avec une roturière, Letizia Ortiz, une ancienne présentatrice vedette de la télévision espagnole, âgée alors de 32 ans.

Sad Ida Hassan (MAP)

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