Fédération marocaine des éditeurs de journaux : Appel à un «cessez-le-feu» entre magistrats et journalistes

Le président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a appelé à un «cessez-le-feu» entre les magistrats et les journalistes condamnés de plus en plus à de lourdes amendes pour diffamation, dans un entretien publié vendredi. «C’est peut-être le moment de déclarer le cessez-le-feu» entre journalistes et magistrats», a estimé Khalil Hachimi Idrissi, président de la FMEJ, dans un entretien à l’hebdomadaire La VieEco.
Dans l’affaire du quotidien Al Massae, les plaignants sont des magistrats, et ce sont des magistrats qui jugent l’affaire, relève M. Idrissi. «Nous nous trouvons dans une situation où deux métiers s’opposent et il faudrait que l’on puisse sortir de ce face-à-face qui ne se règle que devant les tribunaux», a-t-il estimé. Le directeur du quotidien Al Massae, Rachid Ninni, a été condamné le 25 mars en première instance à verser à quatre procureurs qui l’ont poursuivi en diffamation six millions de dirhams (545.000 euros) de dommages et intérêts. Le journal avait laissé entendre qu’un d’eux était un «pervers sexuel». L’amende a été jugée «disproportionnée» par M. Idrissi et comparée à «une sorte de condamnation à la peine capitale», par Younès Moujahid, le président du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). La Fédération des éditeurs de journaux invitera l’association des magistrats à une discussion sur les affaires de diffamation et sur la nature et les rôles des deux métiers. Soulignant qu’ «aucune entreprise de presse n’est au dessus de la loi», M.Idrissi estime qu’en cas de diffamation, « les condamnations doivent être justes et proportionnelles». Des condamnations à de fortes amendes pour diffamation avaient été prononcées contre plusieurs journaux, notamment contre le magazine TelQuel et Le Journal Hebdomadaire dont le directeur Aboubakr Jamaï avait démissionné et choisi de s’exiler pour éviter la faillite à cette publication. Concernant le quotidien Al Massae, «nous avons pris une position de principe lourde de soutien à notre confrère, même si nous ne sommes pas adeptes de sa ligne éditoriale, ni de sa manière de pratiquer le journalisme», a déclaré le président de la FMEJ.

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