France-Afrique : la voix du Maroc

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a affirmé que " sans une prise de conscience très forte que l’investissement dans la jeunesse est un des gages de notre continent, tous nos efforts pour ancrer l’Afrique dans le cercle vertueux du progrès seraient vains et contre-productifs ".
Dans un message adressé au 23ème sommet des chefs d’Etat d’Afrique et de France, qui s’est tenu le week-end dernier à Bamako au Mali et dont lecture a été donnée par SAR le Prince Moulay Rachid, SM le Roi a indiqué que l’épanouissement de la jeunesse africaine requiert "une mobilisation et une rationalisation des énergies pour une amélioration concrète de ses conditions socio-économiques".
Il s’agit là de "la responsabilité première des Etats qui doivent s’employer à mettre en place les structures de santé, d’éducation et de formation à même de réduire le sentiment de vulnérabilité, le chômage et les risques sanitaires auxquels est exposée la jeunesse africaine", a souligné le Souverain qui considère que "la tâche est immense mais accessible".
SM le Roi a indiqué qu’en choisissant de placer ce sommet sous le thème "La jeunesse africaine : sa vitalité, sa créativité et ses aspirations", les participants à cette rencontre expriment leur profonde foi en l’avenir de l’Afrique, dont la jeunesse est la force vive.
Le Souverain voit en cette jeunesse "une chance" et "un potentiel ", mais aussi "une fragilité" pour l’Afrique "si l’on ne prend pas garde aux exigences vitales de justesse et l’efficacité des choix et des politiques en la matière". SM le Roi a relevé que plus d’un demi siècle après les indépendances, les réalisations enregistrées dans le continent africain "restent en deçà des objectifs tracés, s’agissant notamment de l’éducation, de l’emploi ou de la santé des jeunes africains".
SM le Roi a précisé que "si en la matière, le rôle et la détermination de l’Etat sont primordiaux, l’action de tous les autres acteurs de la vie politique, économique et sociale est nécessaire pour une intégration effective de la jeunesse dans le processus de développement", soulignant que "dans le cas de l’Afrique plus qu’ailleurs", c’est également l’affaire de la communauté internationale, en ce sens que le continent africain a besoin d’ "une aide réelle, d’un appui significatif pour réduire les écarts de développement, favorisant ainsi l’établissement de rapports équitables entre le Nord et le Sud". SM le Roi a, d’autre part, averti qu’ "à défaut de mettre en place des mécanismes particulièrement attentifs aux besoins des jeunes et répondant à leurs aspirations, l’Afrique continuera d’assister, impuissante, au gâchis de la fuite des cerveaux. Tout comme les pressions migratoires, déjà croissantes, pourraient s’aggraver et les tensions et drames tels que ceux vécus, récemment,  au nord du Maroc se reproduire ici ou là ".
Le Souverain a fait observer à cet égard que le Maroc, "devenu pays de transit vers le pôle d’attraction que constitue le Vieux Continent", déploie "d’importants et coûteux efforts pour le contrôle des flux de plus en plus grandissants de migrants illégaux".
SM le Roi a souligné que les proportions prises, aujourd’hui, par ce phénomène exigent de l’ensemble des Etats concernés par les  flux migratoires la mise en œuvre de solutions communes et concrètes.
Le Souverain a rappelé que le président français, Jacques Chirac, "a fort justement mis l’accent sur la responsabilité partagée par tous dans ce domaine et la nécessité d’élaborer une approche concertée et solidaire de cette question. SM le Roi s’est félicité à cet égard que "l’Union européenne partage, dorénavant, notre conviction que le traitement de la problématique migratoire nécessite un cadre global et multidimensionnel qui ne se réduit pas seulement à l’aspect sécuritaire, mais intègre également et surtout nos préoccupations communes en termes de développement économique et de progrès social". "Ainsi, a ajouté le Souverain, pourrions-nous assurer une meilleure insertion de la jeunesse dans la dynamique de développement de nos pays, favoriser sa plus large contribution à la création de richesses nationales et, enfin, encourager sa pleine participation dans les processus politique et décisionnel".

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