Gaza : «Des actes et non des paroles»

« Notre expérience avec les Israéliens nous a appris à les juger sur leurs actes et non sur leurs paroles », a déclaré à l’AFP le ministre chargé des Négociations Saëb Erakat.
Le cabinet Sharon a adopté dimanche le principe d’un retrait israélien échelonné de la bande de Gaza et de quatre colonies en Cisjordanie s’achevant fin 2005, mais a différé le début de son application effective jusqu’en mars prochain, sous réserve d’une nouvelle décision en ce sens du gouvernement.
« Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement israélien a décidé de retarder l’application jusqu’en mars », a ajouté M. Erakat. « Les Israéliens négociaient entre eux et avec l’administration américaine en affirmant qu’il n’y avait pas de partenaire côté palestinien », s’est-il indigné. Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a également critiqué la décision du cabinet israélien de différer le retrait.
« Au départ ils parlaient de retrait total mais malheureusement il ne parlent à présent que d’un retrait », a dit M. Qoreï à la presse à l’issue de la réunion hebdomadaire de son cabinet.
« Au départ, ils parlaient de l’évacuation de toutes les colonies et aujourd’hui, ils passent la question des colonies sous silence », a-t-il ajouté.
La direction palestinienne, réunie dimanche soir sous la prer Arafat, a souligné « la difficulté » de la mise en oeuvre du retrait israélien unilatéral et accusé Israël de « faire fi de la Feuille de route » la dernier plan de paix international.
Le conseiller de M. Arafat pour les affaires de sécurité, Jibril Rajoub, a accusé M. Sharon de chercher à faire croire au monde qu’il agit en faveur de la paix pour éviter des pressions.
« Sharon cherche à endormir la communauté internationale à travers des décisions qui ne tiennent même pas compte des engagements qu’il avait pris auprès du président américain George W. Bush », a-t-il dit à l’AFP.
« Il s’agit de décisions obscures sur lesquelles nous ne pouvons rien bâtir », a-t-il ajouté.
M. Bush avait apporté son soutien au plan Sharon dans sa version initiale prévoyant un retrait d’un seul coup des 21 colonies de la bande de Gaza et de quatre autres en Cisjordanie. Pour le secrétaire général du gouvernement palestinien, Hassan Abou Libdeh, le cabinet israélien « n’a fait que tailler un plan sur mesure pour satisfaire tous les partis de la coalition et tous les courants au sein du Likoud », le parti de M. Sharon.
Le mouvement radical Hamas a de son côté qualifié dans un communiqué de « grande tromperie » le vote du cabinet israélien, affirmant que « la poursuite de la résistance est la meilleure voie pour la libération de nos terres et le recouvrement de nos droits ». Le journal Al-Quds, principal quotidien palestinien, a estimé que M. Sharon avait vidé son plan de sa substance pour parvenir à un compromis lui garantissant le soutien d’une majorité des ministres.
« L’absence d’une décision de procéder effectivement à l’évacuation de colonies transforme le plan de Sharon en une simple lettre d’intention », écrit le journal. Le quotidien Al-Ayyam de Ramallah a qualifié le vote israélien et le débat qui l’a précédé de « nouveau show dans le cirque d’à-côté » estimant qu' »un seul homme croira Ariel Sharon: il se trouve à le Maison Blanche ».

• Hicham Abdallah (AFP )

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