Gaza : Sharon se donne une semaine

Sharon espère grâce à ce report faire pencher l’équilibre des forces en sa faveur, 12 ministres étant hostiles actuellement au plan contre 11 qui l’approuvent.
« Nous commençons les discussions aujourd’hui et les poursuivrons la semaine prochaine », a annoncé M. Sharon lors d’un conseil des ministres hebdomadaire très tendu, qui a duré plus de sept heures. La réunion a été marquée par une violente controverse entre M. Sharon et le ministre des Finances Benjamin Netanyahu, chef de file des opposants au plan parmi les « durs » du Likoud, le parti des deux hommes. « Je mets en garde ceux qui veulent exploiter les moments de crise à des fins personnelles, je suis décidé à faire adopter ce plan, même si je dois changer la composition du gouvernement », a prévenu M. Sharon, cité par la radio militaire. Il faisait allusion à une possible destitution de deux ministres d’extrême droite du parti de l’Union Nationale, ce qui lui permettrait de dégager une majorité d’une voix au gouvernement. « Le sort du Likoud m’est cher, mais celui du pays doit primer », a ajouté M. Sharon. Il a ainsi répliqué à M. Netanyahu qui l’a accusé de ne pas respecter, comme il s’y était engagé, le vote des membres du Likoud qui se sont prononcés au début du mois par référendum contre le plan de retrait. « On ne peut pas d’un point de vue moral jeter le vote des membres du Likoud à la poubelle, il faut accepter la décision de la majorité et ne pas agir en fonction des sondages et de l’air du temps », a répliqué M. Netanyahu.
M. Sharon a répondu en soulignant que « l’impasse politique actuelle porte atteinte aux intérêts d’Israël et à nos relations avec les Etats-Unis ». Le président George W. Bush a apporté le mois dernier son soutien public au plan de M. Sharon. Le Premier ministre doit dépêcher à Washington son chef de cabinet Dov Weissglass afin qu’il réitère sa volonté d’appliquer le plan de retrait. La poursuite de l’occupation israélienne de la bande de Gaza « va à l’encontre des intérêt sécuritaires d’Israël », a pour sa part assuré le ministre de la Défense Shaoul Mofaz, partisan du retrait. Le chef d’état-major, le général Moshé Yaalon, le chef du Shin Beth (service de sécurité intérieure), Avi Dichter, et le chef des renseignements militaires, le général Aharon Zeevi, qui ont participé aux débats du cabinet, ont également soutenu le projet de M. Sharon en soulignant qu’il devrait « réduire à long terme le terrorisme », a ajouté la radio.
Selon les derniers sondages, plus de 70% des Israéliens soutiennent le projet de M. Sharon y compris parmi les électeurs du Likoud.
Pour tenter de convaincre les ministres hésitants, M. Sharon a présenté la semaine dernière un plan de retrait par étapes de la bande de Gaza et de quatre petites colonies isolées du nord de la Cisjordanie, alors que dans sa proposition initiale l’évacuation devait intervenir d’un seul coup. Sur le terrain, les hélicoptères d’assaut israéliens ont lancé plusieurs attaques à la roquette dans la nuit de samedi à dimanche dans la bande de Gaza.
Ces raids ont tué trois activistes palestiniens, dont deux chefs locaux des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement islamiste Hamas, qui circulaient à motocyclette à Gaza, et fait 12 blessés, dont deux graves. « Ces assassinats n’empêcheront pas le Hamas de poursuivre sa politique et de continuer sur la voie de la résistance », a déclaré à l’AFP un dirigeant du mouvement, Ismaïl Haniyé. Ces morts portent à 4.095 le nombre des personnes tuées depuis le début de l’Intifada fin septembre 2000, dont 3.104 Palestiniens et 920 Israéliens.

• Charly Wegman (AFP)

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