HCP : la vie devient plus chère au Maroc

HCP : la vie devient plus chère au Maroc

Dure, de plus en plus dure, la vie au Maroc. Ce constat, alarmant, ressort d’une récente étude menée par le Haut Commissariat au Plan sur une dizaine de régions du Royaume. Selon les statistiques fournies par cet organisme, l’indice moyen du coût de la vie des quatre premiers mois de l’année 2006 a progressé de 2,4% par rapport à son niveau de la même période de l’année précédente. Contacté par «ALM», Ahmed Lahlimi Alami, patron du HCP, nous a précisé que cette tendance était due, principalement, à la hausse considérable des produits alimentaires. Dans les quatre premiers mois de l’année en cours, le coût de ces produits aurait progressé de 2,0%. Une hausse due, toujours selon M. Lahlimi, au fait que l’offre ait été plus faible que la demande. Outre les produits alimentaires, la facture des transports, et autres communications, s’est alourdie considérablement. Une hausse de 11,0% est enregistrée sur la même période sus-indiquée, due, comme chacun le sait, à la flambée (préoccupante) du prix du carburant. Cette hausse, susceptible de s’aggraver encore plus, aura des effets néfastes sur différents secteurs de production, ce qui risque de pénaliser le pouvoir d’achat des citoyens, notamment les petites bourses. Reste à savoir quelles sont les villes où le coût de la vie serait le plus cher. D’après le classement du HCP, Agadir figure en tête de liste. Avec une hausse de 3,1% durant les quatre premiers mois de 2006, par rapport à la même période de 2005, la capitale du Souss-Massa-Draâ a remporté la palme de la ville la plus chère au Maroc, au même titre que Fès (3,1%). Ces deux villes sont talonnées par la capitale de l’Oriental, Oujda, qui arrive en deuxième position avec un taux de 2,8%, puis Casablanca en ex æquo avec Meknès et Tanger (2,6%), puis Marrakech (2,4%), Kénitra (2,1%), Rabat et Tétouan (1,8%), et enfin Laâyoune (1,3%).
Maintenant, au-delà des statistiques, surgit la question des effets sociaux de cette hausse sur le niveau de vie général des citoyens. Il convient de souligner que la hausse des produits alimentaires, combinée à la flambée des frais de transport, entre autres charges, n’est pas accompagnée d’une revalorisation des salaires. Cela risque, bien entendu, d’éroder, substantiellement, le pouvoir d’achat du commun des citoyens. Les statistiques du HCP résonnent ainsi comme une alerte sur la détérioration continue du niveau de vie du citoyen. La «bonne récolte agricole», consécutive aux importantes chutes pluviométriques enregistrées en 2006, est-elle capable de contrebalancer à elle seule les effets néfastes engendrés par la hausse qui a touché, en particulier, les produits alimentaires et autres frais de transport ? Une chose est sûre : En l’absence de mesures politiques significatives, la «météorologie», par ailleurs aléatoire, reste insuffisante pour faire face aux déséquilibres sociaux qui se creusent.

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