Hommage à Senghor

La maison de l’Unesco à paris a abrité, vendredi soir, une soirée d’hommage à feu le Président Léopold Sédar Senghor, à l’initiative du groupe francophone auprès de l’organisation et à l’occasion de la journée mondiale de la francophonie.
Au cours de cette soirée, organisée sous le haut patronage de Koïchiro Matsuura, directeur général de l’Unesco, plusieurs interventions, plus émouvantes les unes que les autres, ont abordé les multiples facettes du défunt, homme politique, bâtisseur de l’etat sénégalais, poète, chantre de la négritude, l’un des pères fondateurs de la francophonie, promoteur du dialogue des cultures et des civilisations, humaniste…
C’est ainsi que la libanaise Mme Carla Jazzar, présidente du groupe francophone de l’Unesco a tenu à rendre hommage à l’homme universel que fut le Président Senghor dont les idées et les convictions se sont révélées prophétiques au fils des ans. Le dialogue des cultures, la diversité culturelle et linguistique, l’ouverture sur l’autre…sont toutes des idées lancées par le défunt et aujourd’hui reprises par l’ONU et l’Unesco et par plusieurs gouvernements à travers le monde.
De son côté, Mme Aziza Bennani, présidente du conseil exécutif de l’Unesco et ambassadeur permanent du Maroc auprès de l’organisation, a souligné le privilège qu’elle a eu de connaître le président défunt dans le cadre des activités de l’université d’été Al Mou’tamid Ibn Abbad d’Asilah, dont elle est recteur. ce fut en 1981, lorsqu’il a présidé le premier forum afro-arabe.
«C’est dans cette pittoresque petite ville marocaine de l’atlantique que lui fut rendu un grand hommage en 1990. A cette occasion, la ville d’Asilah lui a conféré la citoyenneté d’honneur», a rappelé Mme Bennani, qui a par la suite mis en relief la personnalité à dimension multifascétiqque de Léopold Sédar Senghor.
Elle a également rappelé que le défunt, grand humaniste, a toujours souhaité que la diversité culturelle soit «organisée d’une façon rationnelle et humaine en même temps, dans un dialogue où chaque race, chaque nation, chaque civilisation, recevant et donnant en même temps, chaque homme pourra, ne se développant, s’épanouir en personne».
Auparavant, le directeur général de l’Unesco a rendu hommage à l’homme de culture, au membre de l’académie française qui a rendu d’immenses services à la langue française et à l’homme politique qui a été le premier chef d’Etat africain à favoriser l’alternance au sommet de l’Etat.
M. Matsuura a tenu à remercier le Président Senghor pour le rôle qu’il a joué en faveur de son élection à la tête de l’Unesco en hommage à la culture japonaise pour laquelle le défunt avait toujours exprimé son admiration.
Avec un «salut Léopold», l’intervention de Boutros Boutros Ghali, secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a été la plus émouvante de toutes, en rappelant la collaboration qu’il a eu avec le défunt pour la création de la charte africaine des droits de l’homme, de l’internationale socialiste africaine, et surtout pour la mise sur pied de la francophonie.
La réunion des instances de la francophonie, à l’aube de l’année 2002, nous a offert l’occasion de revisiter l’histoire des commencements de la francophonie et d’approfondir les convictions les plus profondes qui constituent ses fondements, ses convictions si fortement ancrées sur les intuitions qui ont inspiré les pères fondateurs de l’agence de coopération culturelle et technique, particulièrement Léopold Sédar Senghor, d’heureuse mémoire, le dernier à nous avoir quitté, le 20 décembre dernier, a dit M. Boutros Ghali.
Après avoir passé en revue l’évolution de la francophonie depuis la conférence des pays dits «entièrement ou partiellement de langue française» tenue à Niamey en 1969, il a souligné que l’OIF est devenue aujourd’hui une organisation planétaire et populaire grâce au défunt.
Avec son intelligence qui sait et qui sent, Senghor avait donc vu juste en déclarant : «de toutes les communautés humaines, celles qui se fondent sur la langue et la culture sont les plus puissantes et les plus durables. Le problème est de dépasser les relations bilatérales entre pays développés et pays sous-développés pour s’engager, résolument, dans une vaste communauté de pensée et de culture», a rappelé M. Boutros Ghali.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *