Irak : Bush a perdu son ton triomphal

« L’essentiel des combats est terminé en Irak. Dans la bataille d’Irak, les Etats-Unis et nos alliés l’ont emporté. Et maintenant notre coalition est engagée dans le rétablissement de la sécurité et la reconstruction de ce pays », avait affirmé M. Bush le 1er mai 2003.
Il avait choisi pour l’occasion d’apponter en grande tenue de pilote sur le porte-avions USS Abraham Lincoln et de prononcer son discours sous une bannière proclamant « mission accomplie ». Depuis, au moins 409 soldats américains ont été tués au combat en Irak, pour 109 entre le début de la guerre, le 20 mars 2003, et le discours prononcé sur l’Abraham Lincoln. Les modalités du transfert de pouvoir aux Irakiens, prévu pour le 30 juin, restent encore floues et pour mener cette tâche à bien, le président américain se retrouve forcé de se tourner vers les Nations unies qui s’étaient opposées à l’invasion.
A six mois de la présidentielle de novembre, son adversaire, le démocrate John Kerry, ne se prive également pas de le critiquer au sujet de l’Irak, même s’il avait lui-même voté en faveur de la guerre. « Je pense que le président a fait des erreurs colossales, la plus grande étant d’entraîner notre pays dans la guerre de façon précipitée, ce qui a repoussé nos alliés, coûte aux Américains des milliards de dollars de plus que cela ne devrait, place la vie de nos jeunes soldats en plus grand danger que nécessaire, sans plan pour gagner la paix et en reniant sa promesse de n’aller en guerre qu’en dernier recours », a déclaré mardi M. Kerry.
Selon plusieurs sondages publiés cette semaine, le nombre d’Américains désapprouvant la manière dont George W. Bush gère le dossier irakien a augmenté récemment.
Outre la recrudescence de combats meurtriers – au moins 105 soldats américains ont été tués pour le seul mois d’avril -, George W. Bush est confronté à des défections parmi les pays qui s’étaient alliés aux Etats-Unis pour renverser le dictateur irakien Saddam Hussein.
La plus notable est celle de l’Espagne où le nouveau gouvernement socialiste a décidé de rappeler les troupes déployées en Irak. A sa décharge, George W. Bush avait prévenu le 1er mai 2003 que les Etats-Unis avaient « encore du travail difficile à faire en Irak ».
Il s’était alors attaché à replacer l’opération irakienne dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, principal sujet de préoccupation des Américains depuis les attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3.000 morts aux Etats-Unis. Il est aujourd’hui beaucoup plus discret sur d’autres sujets, comme celui des armes de destruction massive. « Nous avons commencé à chercher les armes chimiques et biologiques dissimulées et connaissons déjà des centaines de sites qui vont être fouillés », avait-il affirmé il y a un an. Ces armes, dont l’existence supposée avait été l’une des principales raisons avancées pour déclarer la guerre à Saddam Hussein, sont toujours introuvables. « D’autres nations dans l’Histoire ont combattu sur des terres étrangères et sont restées pour occuper et exploiter. Les Américains, après une bataille, ne veulent rien d’autre que de rentrer à la maison et c’est là où vous allez ce soir », avait-il lancé le 1er mai à l’équipage de l’Abraham Lincoln qui revenait de mission. Son administration vient de décider de prolonger la mission d’une partie des troupes américaine en Irak.

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