Irak : Les arabes vont dénoncer les sévices

« Nous nous dirigeons vers un sommet arabe très réussi, et il y a un quasi-consensus pour le tenir les 22 et 23 mai », a déclaré à la presse le ministre soudanais des Affaires étrangères, Moustafa Ismaïl.
Les ministres doivent adopter un projet de résolution « qui comporte une condamnation claire et au ton ferme des pratiques visant les détenus irakiens et les humiliations dont ils ont fait l’objet », a déclaré le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, aux journalistes. L’armée américaine a reconnu avoir infligé à ces détenus des sévices systématiques, notamment des passages à tabac et des viols. Au moins 25 prisonniers sont morts dans des prisons sous gestion américaine en Irak et en Afghanistan, selon des sources militaires US. Des soldats britanniques sont également accusés de sévices. M. Zebari avait présenté, samedi, à ses pairs arabes des photos témoignant des tortures physiques et psychologiques infligées aux détenus irakiens par des soldats américains et déclaré que « ce qui s’est passé est encore plus horrible que ce que les photos ont révélé », selon un diplomate arabe.
Selon une source proche des participants, les ministres ne devraient pas retenir une proposition du Yémen sur l’envoi de « forces internationales en Irak sous l’égide de l’Onu et de la Ligue arabe », en raison de divergences entre les pays arabes. Mais M. Zebari a indiqué avoir demandé à la Ligue arabe de jouer un rôle politique en Irak à l’avenir. « La Ligue va déployer des efforts pour nous aider à faciliter l’opération de transfert du pouvoir et de souveraineté et mettre fin à l’occupation », a-t-il dit. Un transfert de pouvoir formel est prévu le 30 juin des forces d’occupation aux Irakiens mais n’implique pas le retrait des forces étrangères dirigées par les Etats-Unis.
Les ministres arabes devaient également adopter une résolution au sujet du conflit israélo-palestinien, soulignant que « les résolutions internationales doivent constituer la base de tout règlement de la question palestinienne ». Ils doivent mettre l’accent sur le fait que les questions du statut final, comme les frontières et les réfugiés, doivent être tranchées par la négociation entre Palestiniens et Israéliens, selon des sources proches des participants. Les pays arabes avaient rejeté les garanties accordées par le président américain, George W. Bush, au Premier ministre israélien, Ariel Sharon, pour un retrait unilatéral de Gaza, en soulignant que certaines d’entre elles préjugeaient du statut final des territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967. Les ministres devaient s’attaquer, dimanche soir, au problème épineux des réformes dans le monde arabe et de la réforme de la Ligue arabe, selon M. Hicham Zaki, porte-parole du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
Selon un responsable à la Ligue arabe qui a requis l’anonymat, le secrétariat général a élaboré un projet de communiqué sur « la vision arabe des réformes internes » faisant la synthèse des projets soumis par plusieurs pays membres, dont l’Egypte, la Jordanie, Qatar, le Yémen et la Tunisie. La Tunisie avait reporté in extremis fin mars le sommet qui devait s’y tenir, justifiant sa décision par des divergences au sujet des réformes, qu’elle estimaient timides par rapport aux attentes. Selon des diplomates arabes, l’une des principales questions qui avaient fait achopper les discussions à Tunis est celle des droits de la femme dans le monde arabe. Le responsable a souligné en outre que le projet américain dit « Initiative pour le Grand Moyen-Orient » appelant à des réformes ne serait pas discuté par les ministres.

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