Irak : Nouvelle attaque anti-US

Bassorah, à 550 km au sud de Bagdad. Furieux de ne pas recevoir leurs soldes promis par l’autorité occupante, des centaines d’anciens soldats irakiens ont installé dimanche des fils barbelés et de grosses pierres devant l’entrée principale de l’ancien palais présidentiel d’Al-Barazniyah, sur le Chatt Al-Arab, devenu le siège central de l’armée britannique. Ils ont jeté des pierres sur deux ambulances britanniques qui tentaient de sortir, les obligeant à rebrousser chemin, et un blindé a pris position devant le portail. La coalition américano-britannique avait annoncé le 23 juin sa décision de payer à partir du 14 juillet à Bagdad les soldes des militaires démobilisés qui avaient menacé de commettre, le cas échéant, des attentats-suicide contre les troupes américaines si leurs demandes n’étaient pas satisfaites.
A Falloujah, une attaque au lance-roquettes a eu lieu vers minuit (20H00 GMT) contre des soldats américains déployés dans le principal marché de ce bastion sunnite situé à 50 km à l’ouest de Bagdad. Les militaires américains ont ouvert le feu en direction des assaillants qui ont toutefois réussi à prendre la fuite. Dans la nuit de vendredi à samedi, des inconnus avaient tiré deux roquettes antichar sur un véhicule blindé américain près d’un pont à Falloujah, théâtre de fréquents affrontements depuis la chute du régime de Saddam Hussein, le 9 avril. Par ailleurs, les forces armées américaines ont annoncé dimanche avoir retrouvé des effets personnels et le véhicule blindé léger de deux soldats portés disparus mercredi et retrouvés morts samedi. Leur véhicule, un Humvee, a été retrouvé vendredi à quelque 60 km au nord-ouest de Bagdad, selon le communiqué. Les services de renseignements américains redoutaient qu’il soit tombé entre les mains de la milice des Fedayin pour l’utiliser dans une attaque contre les GI’s. En revanche, les armes des deux soldats n’ont pas été retrouvées. Au total 12 Irakiens ont été arrêtés durant les recherches, selon le communiqué ajoutant que l’enquête était en cours sur les circonstances de la disparition et la mort des deux soldats. Depuis le début de la guerre en Irak, le 20 mars, 201 membres du personnel militaire américain ont perdu leur vie : 137 en raison de tirs ennemis et 64 dans des accidents et autres décès non liés au combat. Un nouveau risque de tension est apparu après l’opposition de l’institution chiite de référence en Irak, la Hawza, de la fouille corporelle des femmes par les soldats de la coalition. Le texte publié dimanche, par le journal Azzamana, et signé par plusieurs hauts dignitaires de la Hawza, notamment l’ayatollah Ali Al-Sistani, appelle « fermement » la coalition à « faire cesser la fouille des Irakiennes par ses hommes ». De telles fouilles, souligne la Hawza, « ne respectent pas les préceptes de la charia, ni les traditions et les valeurs de la société » irakienne. Les hommes d’un village chiite dans le sud avaient tué, lors de violents affrontements le 24 juin, six soldats britanniques car ils s’estimaient insultés de les voir fouiller leurs maisons avec des chiens. Face à cette situation, un groupe de cinq experts américains indépendants est en route pour l’Irak, pour fournir au secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et à l’administrateur américain Paul Bremer une évaluation de l’après-guerre.

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