Irak : Rabat et Tunis sollicités

« Le gouvernement intérimaire irakien a fait savoir qu’il n’est pas opposé à la participation de troupes arabes dans les forces chargées de protéger le personnel et les bâtiments de l’Onu en Irak, à condition qu’elles ne viennent pas de pays riverains », a déclaré à l’AFP un de ses ministres sous couvert d’anonymat.
« Ainsi deux pays arabes, la Tunisie et le Maroc, se sont déclarés prêts à envoyer des troupes dans le cadre de ces forces, ainsi qu’un membre important de l’OCI, le Pakistan. Mais ces forces ne se chargeront pas du contrôle de la sécurité en Irak, leur mission étant totalement centrée sur la protection du personnel et des bâtiments de l’Onu », a-t-il dit.
Ce ministre a précisé que le gouvernement intérimaire irakien avait donné son accord à cette participation arabe, tout comme il a accepté la proposition pakistanaise de se joindre à cette force.
En revanche, a ajouté ce ministre, « parmi les forces de maintien de la paix, chargées de rétablir la sécurité en Irak, il y aura essentiellement des unités de l’Otan, et si des pays arabes souhaitent y participer, l’Irak s’est dit prêt à accueillir leurs troupes à condition qu’elles ne soient pas de pays riverains, qu’elles soient arabes ou pas ».
La Jordanie « n’enverra pas de forces en Irak », avait réaffirmé mardi à Istanbul le chef de la délégation jordanienne à la réunion de l’OCI, Salah Bashir, ministre de la Justice, interrogé par l’AFP.
« Nous n’enverrons pas de forces en Irak et nous sommes contre l’engagement de troupes de pays voisins de l’Irak dans ce pays », a affirmé M. Bashir en réaction à l’invitation adressée par le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, aux pays arabes de participer à une force multinationale en Irak. M. de Hoop Scheffer a indiqué mardi dans un entretien publié par le quotidien français “Le Monde” qu’il espérait « que des pays arabes participeront à la force multinationale ».
Des délégués d’autres pays riverains de l’Irak ont affirmé à l’AFP qu’ils avaient une position commune sur la question et s’opposaient à l’envoi de troupes en Irak. Cette position a été réaffirmée lors d’une réunion informelle mardi à Istanbul entre le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, et des représentants des six pays riverains et de l’Egypte, qui ont examiné les moyens de renforcer la sécurité en Irak, notamment un meilleur contrôle des frontières.
Le chef de la diplomatie irakienne a affirmé à l’AFP que cette réunion avait été axée sur les moyens de « consolider la stabilité et la sécurité en Irak par une meilleure coopération et coordination au niveau du contrôle des frontières ».
Les forces de la coalition ont récemment intercepté des groupes armés qui tentaient de pénétrer en Irak, notamment en provenance d’Iran, pour rejoindre les rangs de la guérilla.
Outre M. Zebari, la rencontre d’Istanbul réunissait les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de la Syrie, de l’Iran, du Koweït, ainsi que le ministre de la Justice de Jordanie et les numéros deux des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite et de l’Egypte.
Ces réunions se tiennent tous les trois mois depuis janvier 2003 et le nouveau gouvernement intérimaire irakien a fait savoir qu’il « n’est pas opposé en principe à la poursuite de leur tenue, à condition qu’elles ne constituent pas une ingérence dans ses affaires internes », a dit un responsable sous couvert de l’anonymat.
La prochaine réunion formelle aura lieu fin juillet en Egypte.

• Randa Habib (AFP)

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