Israël avance dans les territoires

Israël a poursuivi lundi ses opérations militaires dans les territoires palestiniens, un enfant étant tué et cinq étrangers blessés par bales, trois israéliens étant blessés par des tirs palestiniens.
Des manifestations anti-israéliennes et anti-américaines, souvent réprimées par la police, se sont multipliées dans le monde arabe. Dans le sud de la bande de Ghaza, un enfant palestinien de dix ans a été tué par des tirs israéliens à Rafah, selon des sources hospitalières. Cinq étrangers, une Française, un Américain, un Japonais, un Britannique et un Australien, qui participaient à une manifestation de solidarité avec les palestiniens ont été blessés, dont deux grièvement, par des tirs de soldats israéliens à Beit Jala, près de Bethléem, selon des sources hospitalières. « J’attends de l’armée qu’elle prenne toutes les mesures pour que l’isolement de Yasser Arafat soit total, mais nous n’avons pas l’intention de l’humilier » ni de porter atteinte à sa personne, a déclaré le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer.
Le renforcement du siège imposé depuis quatre jours au président Arafat à Ramallah (Cisjordanie) est destiné notamment à l’empêcher de communiquer par téléphone avec des responsables de la branche armée de son mouvement, le Fatah, a précisé le porte-parole de l’armée, le général Ron Kitrey. L’opération israélienne a soulevé l’indignation des populations arabes, notamment en Jordanie, en Egypte, en Libye, où le dirigeant Mouammar Kadhafi a pris la tête de la manifestation, ainsi qu’au Liban.
Au Caire une manifestation rassemblant plus de 20.000 personnes à l’université, a tourné à l’affrontement avec la police. C’est une des plus importantes et des plus violentes en 18 mois d’Intifada. Un restaurant de la chaine Kentucky Fried Chicken a été pris comme un symbole des Etats Unis et saccagé par les jeunes. Des incidents ont également eu lieu à Amman qui a connu une grève de soutien aux Palestiniens suivie par des centaines de milliers de Jordaniens. Au Liban des milliers de palestiniens ont manifesté en jurant de mener des attaques à travers le monde si Israël portait atteinte à Yasser Arafat. L’isolement du chef palestinien est rompu depuis dimanche par la présence de 35 militants pacifistes, pour la plupart français, qui ont passé la nuit dans le Q.G. assiégé, formant « un bouclier humain ». Le militant anti-mondialisation français José Bové et dix autres personnes arrêtées dimanche à Ramallah devaient être expulsés d’Israël lundi. Parallèlement à l’offensive d’envergure menée à Ramallah, l’armée a multiplié et intensifié ses opérations militaires en Cisjordanie. Les chars ont fait une incursion dans l’après midi dans la ville autonome de Tulkarem, dans le nord. Ils ont également progressé jusqu’à la périphérie de la ville autonome palestinienne de Bethléem.
Au nord de Jérusalem, des affrontements ont éclaté entre des Palestiniens et des soldats israéliens après que des chars eurent tenté de pénétrer dans le camp de réfugiés de kalandiya. S’adressant à la nation dimanche soir, le premier ministre israélien Ariel Sharon avait déclaré que son pays était « en guerre pour sa patrie ». Il a informé l’émissaire américain Anthony Zinni de la détermination du gouvernement à poursuivre ses opérations en dépit de la résolution 1402 du conseil de sécurité, qui « appelle au retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes ». Le conseil doit à nouveau se réunir lundi à huis clos pour des consultations.
Dans le camp de réfugiés de Tulkarem, en Cisjordanie, des palestiniens armés ont tué sept palestiniens soupçonnés de collaboration avec Israël, a-t-on appris de source sécuritaire palestinienne. Dans la matinée, les corps de deux palestiniens également accusés de « collaboration » ont été retrouvés dans une rue de Kalkiliya, selon des témoins.

• Michel Sailhan (AFP)

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