Israël : La sécurité au coeur des législatives

La campagne électorale pour les législatives du 28 janvier en Israël a commencé mardi à la radio et à la télévision sur fond d’une série de scandales qui éclaboussent le parti Likoud du Premier ministre Ariel Sharon donné comme favori.
Le double attentat suicide meurtrier de dimanche soir à Tel-Aviv, qui a fait 22 tués outre ses deux auteurs palestiniens, devrait avoir pour effet de ramener la question lancinante de la sécurité au centre de la campagne. Près de deux ans après l’entrée en fonction de M. Sharon, qui s’était engagé à rétablir la paix et la sécurité, le sanglant conflit israélo-palestinien paraît toujours sans issue.
La campagne a débuté dans la matinée sur les ondes de la radio publique par une série de messages présentés par les différents partis. Dans la soirée, la télévision publique et les deux chaînes privées devaient commencer à diffuser leurs spots. « Le spectacle commence », titrait le quotidien à grand tirage Yédiot Aharonot. « Le rideau se lève », renchérissait le Maariv, l’autre grand quotidien populaire.
Les travaillistes, emmenés par le maire de Haïfa (nord), Amram Mitzna, prévoyaient d’exploiter les affaires de corruption qui éclaboussent le Likoud depuis la fin de l’an dernier. Mais ils ont changé leur fusil d’épaule à la suite de l’attentat de Tel-Aviv et ont décidé de cibler leurs premiers spots sur « l’échec de la politique sécuritaire de Sharon », selon le Yédiot Aharonot. Pour sa part, le Likoud envisage d’épingler la politique « capitularde » du leader travailliste, prêt à un retrait militaire unilatéral et « sous le feu » des territoires palestiniens, avec comme slogan: « Mitzna, encore une erreur des travaillistes ».
Le parti de M. Sharon projette de centrer l’essentiel de sa campagne sur la personnalité du Premier ministre, dont la popularité et la crédibilité n’ont apparemment pas été entamées par les affaires qui ont touché le Likoud, en dépit d’une baisse des intentions de vote reflétée par les derniers sondages.
A Jérusalem, les autobus circulent avec sur leur flanc des portraits géants de M. Sharon surmontés du slogan: « le peuple veut Sharon ».
Selon un sondage publié à la fin de la semaine dernière, le Likoud obtiendrait 31 mandats, sur un total de 120 à la Knesset, contre 19 dans le Parlement sortant, mais un sondage lui prédisait auparavant 35 sièges et un autre 41.
Ce glissement progressif est attribué à une série de révélations sur une affaire d’achat de voix et d’infiltration d’anciens repris de justice au sein du Likoud lors du scrutin interne du 8 décembre 2002, au cours duquel le Comité central du parti avait élu la liste de ses candidats à la députation. Révélée par le quotidien Haaretz, la dernière « affaire » en date porte sur l’octroi par un homme d’affaires sud-africain, Cyril Kern, d’une garantie bancaire de 1,5 millions de dollars aux deux fils de M. Sharon, Omri et Gilad, afin de permettre au Premier ministre d’éponger l’ardoise de sa campagne pour l’élection à la tête du Likoud en 1999. M. Sharon avait été battu par le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu. Selon le journal, M. Sharon et ses fils seraient soupçonnés d’abus de confiance, de faux témoignages et d’avoir reçu des pots-de-vin.
La semaine dernière, le Yédiot Aharonot accusait Gilad Sharon d’être impliqué dans un autre scandale. Selon le journal, un homme d’affaires ayant soutenu les campagnes électorales de M. Sharon aurait versé plusieurs centaines de millions de dollars à Gilad pour rétribuer ses « conseils » dans une affaire de vente d’appartements et de projets touristiques en Grèce et en Espagne.
Le parti travailliste n’est cependant pas encore parvenu jusqu’ici à profiter de ces scandales et sa campagne ne décolle toujours pas.

• Jacques Pinto (AFP)

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *