Israël ne craint pas les pressions

George W. Bush, le président sortant républicain, malgré l’incertitude du résultat de l’élection, semble en position de force pour être réélu face au candidat démocrate John Kerry. Le secrétaire général de la Maison-Blanche, Andrew Card, a annoncé la victoire de M. Bush. « Nous avons coopéré jusqu’à présent avec toutes les Administrations américaines, et nous continuerons de le faire, je ne pense pas que des pressions soient nécessaires. Israël veut avancer sur le chemin de la paix », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, à la radio militaire. La radio a toutefois fait état d’un rapport des Affaires étrangères pressentant des pressions américaines quel que soit le prochain président, notamment sur la question du démantèlement des colonies sauvages israéliennes en Cisjordanie promis à maintes reprises par le Premier ministre, Ariel Sharon. Ce document prévoit également que les Etats-Unis pourraient hésiter à l’avenir à exercer leur droit de veto en faveur d’Israël au Conseil de sécurité de l’Onu, selon la radio.
Interrogé par l’AFP, un haut responsable des Affaires étrangères, qui a requis l’anonymat, a confirmé que son ministère s’était « livré à toute une série d’évaluations ». « La principale conclusion qui se dégage de ces réflexions, c’est que les Etats-Unis vont davantage s’impliquer dans la région, ce qui ne veut pas forcément dire que cela sera négatif pour Israël », a-t-il souligné. « Toute la question est de savoir si les Américains se contenteront de l’application du plan de retrait de la bande de Gaza que Sharon veut appliquer ou s’ils voudront aller au-delà », a poursuivi ce responsable. Se voulant rassurant, l’ambassadeur d’Israël à Washington, Dany Ayalon, a assuré qu’il n’y avait « aucune pression en vue ». Le commentateur de la radio militaire a affirmé que M. Sharon, même s’il s’est abstenu d’exprimer la moindre préférence en public, serait « très content d’une victoire » du président sortant George W. Bush, de loin son candidat favori.
De son côté, le porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv, Paul Patin, a réaffirmé à la radio qu’il pensait qu’il « n’y aurait pas de grands changements » de la politique de son pays vis-à-vis d’Israël.
Selon un récent sondage, 55% des Israéliens préféraient M. Bush face à son rival John Kerry (45%). Paradoxalement, il y a quatre ans, M. Bush avait suscité la méfiance en Israël, en raison de ses relations privilégiées avec le lobby pétrolier et du fait que son père, l’ancien président américain, était perçu comme pro-arabe. Mais il a fourni un soutien sans précédent au gouvernement d’Ariel Sharon, allant jusqu’à légitimer pour la première fois le maintien des blocs d’implantations en Cisjordanie. Sur le front politique intérieur, le parlement israélien devait se prononcer mercredi en première lecture sur un projet de loi concernant l’indemnisation des quelque 8.000 colons qui doivent être évacués de la bande de Gaza dans le cadre du plan de M. Sharon. Selon les commentateurs, le Premier ministre devrait parvenir à faire adopter ce texte grâce à l’appui de l’opposition travailliste qui compensera la défection d’environ 14 députés sur 40 du Likoud, le parti de M. Sharon, opposés à tout retrait. Le projet du budget 2005 devait également être soumis au vote en première lecture dans la soirée.
L’opposition de gauche a annoncé son intention de s’opposer ou de s’abstenir lors du vote, tandis que l’attitude des « rebelles » du Likoud restait incertaine. Par ailleurs, un Palestinien a été tué par des tirs de soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Rafah dans le sud de la bande de Gaza.

• Jean-Luc Renaudie (AFP)

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