Israël-USA : Risques d’irritation

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a laissé entendre que ce retrait serait retardé de quelques semaines pour éviter qu’il ne coïncide avec une période de deuil religieux juif. "Il faut tout faire pour faciliter l’évacuation" en tenant compte des sensibilités religieuses des colons juifs, a déclaré M. Sharon. L’évacuation des militaires et des 21 colonies juives de la bande de Gaza et de quatre autres isolées du nord de la Cisjordanie, prévue en principe à partir du 20 juillet, serait retardée de trois semaines. L’appel d’offres intervient une semaine après que le président américain George W. Bush eut appelé publiquement Ariel Sharon à respecter la Feuille de route, plan de règlement international qui exige un gel de la colonisation. Washington a d’ailleurs promptement réagi à cette annonce, en demandant des explications à Israël, selon un responsable gouvernemental. "Nous avons pris connaissance des informations de presse et sommes en train de chercher à clarifier la situation auprès du gouvernement israélien" par la voie diplomatique, a précisé ce responsable à l’AFP sous couvert d’anonymat. Le porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv, Paul Patin, avait auparavant réitéré la position américaine sur le gel de la colonisation. "Compte tenu des obligations de la Feuille de route, l’activité de colonisation doit cesser" a-t-il déclaré, en référence aux stipulations du dernier plan international. L’Administration des domaines a indiqué que les maisons "seraient construites par des entrepreneurs privés sur des terres domaniales", les travaux d’infrastructure ayant été achevés par l’Etat. La colonie d’Elkana, établie en 1977 et qui comprend plus de 3.000 habitants, est située à six kilomètres environ de la ligne verte, séparant la Cisjordanie d’Israël, et fait partie du bloc de colonies d’Ariel. Le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, a publiquement justifié cet agrandissement que l’Autorité palestinienne a aussitôt dénoncé. "Il est évident que des implantations au voisinage de la frontière de 1967 resteront entre les mains de l’Etat d’Israël et nous devons tout faire pour qu’il en soit ainsi", a-t-il déclaré à des journalistes.
"Cet appel d’offres est extrêmement grave", a dénoncé pour sa part le responsable palestinien chargé des négociations Saëb Erakat. "Alors que les Israéliens parlent d’évacuer 2.100 unités de logement dans les colonies de la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie, ils ajoutent le triple dans les autres colonies de Cisjordanie et dans la région de Jérusalem", a-t-il dit à l’AFP. Le ministre de la Défense israélien, Shaoul Mofaz, avait déjà approuvé le 20 mars la construction de plus de 3.500 logements à Maalé Adoumim, la plus importante colonie juive dans les territoires occupés (28.000 habitants). Israëll a toujours affirmé son droit d’agrandir les implantations compte tenu d’un "accroissement naturel" de leur population, accusant les Palestiniens de ne pas respecter pour leur part la Feuille de route qui exige un arrêt des violences et du terrorisme. Sur le terrain, un militaire israélien a été sérieusement blessé et un employé civil légèrement atteint par des tirs palestiniens, dans le secteur de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. L’armée israélienne a signalé une forte augmentation des tirs contre ses positions ces derniers jours dans le secteur de Rafah suite à la mort de trois adolescents palestiniens le 9 avril, tués par des tirs de soldats israéliens. Les groupes armés palestiniens ont tiré des dizaines de roquettes et obus de mortiers sur des colonies et des positions militaires israéliennes de la bande de Gaza, qui n’ont pas fait de victime.

Chris Otton (AFP)

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