Justice : Izzou et Kherraz chez Serhane

Justice : Izzou et Kherraz chez Serhane

Abdelaziz Izzou et 9 autres personnes ont été incarcérés au centre pénitentiaire de Oukacha (Casablanca) sur décision de la Cour d’appel après avoir été déférés devant le juge d’instruction Jamal Serhane. Pratiquement tous les ex-responsables de la police, de la Gendarmerie et des Forces auxiliaires cités par la MAP après la mise à l’écart de Abdelaziz Izzou font partie du lot. Les trois caids ainsi que le pacha de Témara ont été placés sous contrôle judiciaire, conformément à l’article 276 du Code pénal, apprend-on de sources bien informées.
Selon les mêmes sources, les enquêteurs continuent d’auditionner plus de 24 personnes dont des responsables des services de sécurité et de l’administration territoriale qui ont eu à exercer leurs missions à Tanger et Ksar Sghir,  notamment entre 1996 (début de la "carrière" de Chrif Bin Louidane) et 2003, date du déclenchement de l’affaire Mounir Erramach. Les enquêteurs s’attacheraient également à recueillir plus d’éléments de la part des services espagnols de sécurité vu que les activités de Mohamed Kherraz s’étendaient au pays voisin et que la justice espagnole avait lancé un mandat d’arrêt en relation avec une grosse affaire de blanchiment d’argent à Marbella. Il est aussi question, pour les enquêteurs, de cerner la nature des relations qui auraient existé entre Mohamed Kherraz et les divers responsables locaux surtout que le premier était libre de ses mouvements et se permettait même le luxe de prendre part au financement de quelques services (cas notamment des frais de rénovation de ce qui allait devenir, en 2003, le siège de la préfecture de police de Tanger).   
Les personnes citées par Chrif Bin Louidane risqueraient des poursuites pour trafic de stupéfiants à l’échelle internationale, corruption, abus de pouvoir, non-dénonciation d’un criminel recherché par la justice", entre autres. Chrif Bin Louidane avait été arrêté le 25 août dernier dans un café de Ksar Sghir après plusieurs années de "cavale". Les révélations qu’il aurait faites aux éléments de la BNJP (Brigade nationale de la police judiciaire) auraient permis aux enquêteurs de se lancer sur la piste de présumés complices se recrutant dans divers services de sécurité et de l’Administration territoriale. Ce dernier se serait rétracté vendredi dernier. Lundi 11 septembre 2006, un communiqué du ministère de l’Intérieur annonçait la mise à l’écart, sur instructions royales, de Abdelaziz Izzou, premier (ex) responsable de la sécurité des palais royaux. D’autres responsables auront le même sort et dont Youssef Lahlimi Alami, adjoint au commandant de la région de la Gendarmerie royale de Kenitra, Farid Hachimi, commissaire à la DGST et chef du poste maritime de la capitale du Détroit, le lieutenant-colonel Akka Ahabbar qui commandait la compagnie maritime de Tanger et deux autres sous-officiers exerçant à Ksar Sghir et Ribat El Kheir, entre autres. Le sort des personnes incarcérées actuellement et de celles qui ont été citées dans le cadre des enquêtes sera tranché à l’issue des investigations et des longues auditions qui attendent le juge Jamal Serhane. Ce dernier aura également à affronter une pléiade d’avocats des barreaux de Rabat et Casablanca célèbres pour avoir pris part à des procès marathoniens, notamment à la "défunte" Cour spéciale de justice.

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