Karadzic défie le monde depuis huit ans

La communauté internationale et des responsables locaux s’accordent pour dire que pendant les premiers cinq ans de leur mandat, les pays membres de l’Otan n’ont pas manifesté de volonté politique pour arrêter l’ex-chef politique des Serbes de Bosnie.
Radovan Karadzic a été inculpé, en 1995, par le Tribunal pénal international (TPI) de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour son rôle pendant le conflit bosniaque (1992-1995).
Karadzic, qui s’est engagé le 19 juillet 1996 sous la pression de la communauté internationale à cesser toute activité publique, a continué à jouer un rôle dans l’ombre jusqu’à la victoire de ses adversaires modérés aux législatives en 1997.
En 1997, il s’était déclaré prêt à être jugé par la justice serbe sous supervision du TPI. Mais peu après cette déclaration, il disparaissait de sa résidence de Pale (20 km à l’est de Sarajevo). Depuis cette date, ses caches font l’objet de spéculations et rumeurs, souvent contradictoires, contribuant à brouiller les pistes.
La presse de Serbie, de Bosnie ou de Croatie l’a localisé tour à tour à Foca (sud-est de la Bosnie), à Visegrad (est de la Bosnie), à Pale, son fief pendant la guerre, au Monténégro ou à Belgrade. En septembre 2000, un journal bosniaque affirmait qu’il avait été vu dans la banlieue de Sarajevo.
Le 11 février dernier, le procureur du TPI pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, avait affirmé qu’il se trouvait à Belgrade, une information jamais confirmée par les autorités serbes. La communauté internationale a, de son côté, attendu de longues années avant de se lancer à sa poursuite.
Ce n’est que le 28 février, puis le 1er mars 2002, que la Force de stabilisation de l’Otan (Sfor) a lancé ses premières opérations d’envergure pour tenter de l’arrêter.
Une nouvelle opération a échoué de peu, le 13 janvier dernier à Pale. Malade, le fugitif aurait cherché à y obtenir une aide médicale, selon la Sfor. « Karadzic a été là pour quelques heures, mais la Sfor est arrivée deux heures trop tard », avait déclaré Mme Del Ponte.
La dernière opération visant à capturer Radovan Karadzic remonte au 1er avril dernier.
Une quarantaine de soldats de la SFOR, appuyés par des hélicoptères, avaient fait irruption au petit matin à Pale, fouillant une église orthodoxe et la maison d’un prêtre orthodoxe.
Plusieurs opérations de l’Otan, notamment en août 2003 et en juillet 2002 à Pale, ont par ailleurs été montées pour de démanteler les réseaux de soutien de Karadzic.
Dans ce même but, le Haut représentant de la communauté internationale en Bosnie a gelé les comptes bancaires de plusieurs dizaines de personnes dont ceux de son frère, de son fils, de sa fille et de son épouse.

• Amra Hadziosmanovic (AFP)

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