Khatami dénonce la violence

Le Président iranien Mohammad Khatami a dénoncé mercredi à Madrid ceux qui utilisent la violence au nom de l’Islam, mais a demandé aux « grandes puissances » de ne pas se laisser influencer « par ceux qui haïssent l’Islam ».
La troisième journée de la visite d’Etat du Président iranien en Espagne a été marquée par des entretiens et des déclarations sur le respect des droits de l’Homme en Iran, et en particulier la situation de la femme, la démocratie et les différences culturelles, ainsi que par la volonté de développer les échanges commerciaux.
« Quiconque pratique le terrorisme et l’assassinat au nom de l’Islam, ne fait que nier la spiritualité » de cette religion a déclaré le Président iranien au cours d’un discours prononcé lors d’une visite au Sénat Espagnol. « On ne peut pas et on ne doit pas avoir recours à la violence au nom de la religion, de même que l’on ne peut pas déployer des forces militaires dans le monde entier au nom des droits de l’Homme et de la démocratie », a-t-il dit.
Il a dénoncé les politiques de deux poids deux mesures, en assurant que « si l’on condamne d’un côté, et de l’autre on ferme les yeux sur des actes de cruauté et des injustices », il en résultera « un cercle vicieux dans lequel on assassinera par vengeance, et on se vengera pour répondre à des assassinats ».
Mohammad Khatami a demandé aux « grandes puissances de ne pas se laisser influencer par ceux qui haïssent les musulmans et de ne pas mener contre eux une guerre de propagande, et des actions militaires ». « Qui sème le vent, récolte la tempête », a-t-il dit.
La question des droits de l’Homme en Iran a été discutée au cours d’une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères espagnole et iranien, Ana Palacio et Kamal Kharazi.
La ministre espagnole a indiqué, au cours d’une conférence de presse commune que le dialogue avec l’Iran « ne signifie pas qu’il y a accord sur tout ». Elle a souligné la nécessité d’énoncer clairement « les principes » qui régissent les droits de l’Homme. Ainsi, « en Europe, les lapidations et les mutilations sont considérées comme des questions de fond, et non pas des problèmes culturels », a-t-elle dit. Kamal Kharazi a indiqué que les lapidations n’ont plus cours en Iran et qu’en ce qui concerne la peine de mort, « elle existe également dans d’autres pays ». Il a ajouté que dans « aucun pays, les droits de l’Homme ne sont appliqués à cent pour cent ». Il s’est félicité du débat sur les droits de l’Homme qui s’ouvrira en décembre prochain entre l’Union européenne et l’Iran.
D’autre part, Ana Palacio a indiqué que Mohammad Khatami et le Président du gouvernement espagnol José Maria Aznar sont convenus de créer un groupe de travail hispano-iranien pour décider du niveau, du contexte et du calendrier d’une rencontre sur le dialogue des civilisations qui pourrait se tenir lors du forum universel des cultures organisé à Barcelone (nord-est), de mai à septembre 2004. D’autre part, le Président iranien a appelé mercredi matin les entreprises espagnoles à développer leurs activités en Iran, soulignant qu’une « nouvelle atmosphère » règne dans le pays favorisant la coopération multilatérale.
Inaugurant un forum de coopération économique qui réunit 70 chefs d’entreprises des deux pays, le Président iranien a souligné que Téhéran « désire entretenir une étroite coopération avec l’Espagne, dans les domaines industriel, commercial, scientifique, culturel et touristique ».
La visite d’Etat du Président Khatami en Espagne s’achèvera jeudi.

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