La crise Arafat-Qoraï bientôt réglée

« Nous sommes proches de la résolution de la crise », a affirmé un de ces responsables sous le couvert de l’anonymat, « tout sera réglé d’ici à demain (mardi) ». Le 17 juillet, au lendemain d’une série d’enlèvements et de désordres sans précédent dans la Bande de Gaza, M. Qoreï avait présenté sa démission, « en raison du chaos » sévissant dans les Territoires occupés, mais M. Arafat l’avait refusée, en lui demandant de former un nouveau gouvernement.
Depuis lors, M. Qoreï réclame davantage de pouvoirs sur les services de sécurité, contrôlés totalement par M. Arafat, qui refuse de lâcher du lest sur ce point. Faute d’obtenir satisfaction, M. Qoreï a indiqué à plusieurs reprises que sa démission restait « valable ».
Le chef du gouvernement devait présider la réunion hebdomadaire du cabinet ministériel lundi à Ramallah, mais cette séance a été reportée à mardi, M. Qoreï ne se sentant pas bien. MM. Arafat et Qoreï devaient se rencontrer en tête-à-tête avant la réunion du cabinet à laquelle doit assister le leader palestinien, a-t-on ajouté de mêmes sources.
« La crise ministérielle est en voie de règlement », a confirmé à l’AFP le ministre des Communications, Azzam Al-Ahmed, qui a effectué tout au long de la crise une navette entre MM. Arafat et Qoreï pour tenter de surmonter les différends. L’ajournement de la réunion ordinaire du cabinet, lundi, ne signifie pas la persistance du conflit, selon lui. « Abou Alaa (M. Qoreï) se sent vraiment mal et si le cabinet s’était réuni sans lui, cela aurait été interprété comme si il y avait réellement problème ». « La démission du Premier ministre n’est plus à l’ordre du jour », a-t-il affirmé, ajoutant avoir rencontré « M. Qoreï dimanche pour l’informer que Yasser Arafat accepte un changement de titulaire du ministère de l’Intérieur et tout remaniement ministériel qu’il proposera », a ajouté Azzam al-Ahmad.
Le président de l’Autorité palestinienne accepte en outre de concéder au Premier ministre toutes les prérogatives qu’il réclamera, a-t-il poursuivi. M. Arafat avait nié samedi tout conflit de prérogatives avec son Premier ministre, dans une déclaration à la presse. M. Qoreï « a mon entière confiance et il n’y a aucun problème en ce qui concerne les prérogatives », avait-il déclaré ; il a ajouté : « J’accepterai tout ce que demandera M. Qoreï, mais il ne m’a pas présenté jusqu’à présent des demandes spécifiques ».
M. Qoreï a été forcé, l’automne dernier, à accepter la nomination de Hakam Balaawi au poste de ministre de l’Intérieur, alors que le choix initial de Qoreï, soutenu par le comité central du Fatah, principal mouvement palestinien, s’était porté sur un vétéran, Nasser Youssef. Après la présentation de la démission de M. Qoreï, les membres du Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) ont appelé à la formation d’un nouveau gouvernement, et présenté un rapport critique de l’administration de M. Qoreï sur les questions sécuritaires.
Le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, a demandé mardi à M. Arafat de donner le « vrai pouvoir » à son Premier ministre afin que celui-ci puisse faire progresser la « Feuille de route », le dernier plan de paix international en date pour régler le conflit du Proche-Orient.
Dans le même sens, le Haut représentant pour la politique étrangère de l’Union européenne, Javier Solana, a recommandé à M. Arafat d’accorder plus de pouvoirs en matière de sécurité et d’économie à son Premier ministre.

• Nadra Saouli (AFP)

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