«La fatwa est liée à la réalité du moment et des lieux»

La fatwa étant liée à la réalité du moment et des lieux, il convient de l’actualiser de façon à ce que l’interprétation des questions d’ordre religieux puisse accompagner sans discontinu l’orientation et l’encadrement de la société selon les normes religieuses idoines, ont souligné les participants au colloque scientifique organisé durant le week-end à Rabat sur le thème «La fatwa entre les normes de la charia et les défis de la modernité». Dans le rapport final du colloque, organisé par le Conseil supérieur des ouléma, les participants ont souligné que l’élaboration de l’avis en matière de charia doit se baser sur le souci de répondre aux priorités à l’origine de sa raison d’être et à sa validité dans le temps qui suit son prononcé, afin de remplir sa fonction consistant à harmoniser l’interprétation des références religieuses et les grandes questions de la chose publique. «La fatwa est un moyen d’assurer la protection et la consolidation des constantes de la Nation, la défense de son unité et la sauvegarde de ses valeurs contre les aliénations cultuelles et culturelles», ajoutent-ils, mettant l’accent sur la nécessité d’accorder un intérêt particulier aux fatwa spécifiques à la communauté marocaine à l’étranger, aux problèmes de la femme et aux questions de la famille de façon à protéger le rôle central de celle-ci dans la société. Ils ont également souligné l’intérêt de la «fatwa collective» en ce sens qu’elle est le produit de concertations entre érudits de différentes spécialités, ce qui lui fait gagner en force de preuve. «La fatwa est un genre d’interprétation» dans le cadre de la confiance entre l’érudit et la nation en matière de conseil et d’orientation, ont-ils fait remarquer, mettant en garde contre les risques que comportent les avis lancés par voie de presse sans respect pour les spécificités des divers pays du monde. Dans une allocution de clôture du colloque, le secrétaire général du Conseil supérieur des ouléma, Mohamed Yessef, a souligné la lourde responsabilité qui incombe aux ouléma en matière de recherche de solutions aux problématiques de l’époque et de réponses à chaque cas qui se pose avec le temps «afin que la charia puisse accompagner les mutations à travers les âges», précisant que c’est là que réside l’idée majeure et la plus importante qui sous-tend la décision d’Amir Al-Mouminine, SM le Roi Mohammed VI, de restructurer le champ religieux, qui s’est traduite par la couverture complète des préfectures et provinces du Royaume en conseils des ouléma.

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