La HACA épingle 2M

Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) a rendu, le 25 janvier dernier, sa décision relative à un reportage diffusé en décembre 2005 par la chaîne nationale 2M. Celle-ci s’est fait l’écho d’une tentative d’homicide sur un enfant de cinq ans par sa belle mère dans la ville d’Azemmour. Le reportage en question s’est, en fait, permis de faire une reconstitution au cours de laquelle l’enfant de cinq ans a été soumis au même traumatisme qu’il aurait déjà subi. En outre, interrogé, il aurait été manipulé pour les besoins du reportage sans prendre soin de préserver son identité ni sa dignité. Par ailleurs, les commentaires du présentateur ont clairement accablé l’accusée, c’est-à-dire la belle-mère, alors que la justice n’a pas encore dit son mot.
Le CSCA n’a pas tardé à réagir. Il a récemment conclu que ce reportage porte atteinte aux règles relatives au respect de la dignité de la personne humaine, à la protection de l’enfant, à l’honnêteté de la couverture des procédures judiciaires, posées par la loi n° 77.03 sur la communication audiovisuelle et par le cahier des charges de l’opérateur. Le conseil a donc noté que cette affaire fait l’objet d’une procédure judiciaire actuellement en cours d’instruction devant la Cour d’appel d’El Jadida.
Cette décision montre l’intérêt particulier que porte le conseil au respect par les opérateurs de communication audiovisuelle des principes déontologiques de la profession. Des principes pourtant admis et affirmés par la loi et l’ensemble des cahiers de charges des opérateurs en activité. Le conseil a rappelé dans un communiqué de presse que la liberté éditoriale des opérateurs de la communication audiovisuelle doit s’exercer dans le respect de la dignité humaine, de l’honnêteté de l’information et de la protection des droits des citoyens.
Suite à cette affaire, le CSCA a décidé d’attirer l’attention de la société « SOREAD 2M » sur la nécessité de respecter les règles déontologiques prescrites dans son cahier des charges à propos de la couverture des procédures judiciaires selon l’article 29, de l’honnêteté de l’information et des programmes selon l’article 30 et de la protection du jeune public selon l’article 31. Le conseil a également mis l’accent sur la nécessité de communiquer à la Haute autorité les dispositifs et organisationnels internes censés avoir été mis en place pour garantir le respect de ces règles comme prévu par les articles 40 et 43, deuxième alinéa du cahier des charges.
Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle a finalement décidé de notifier cette décision à la société « SOREAD 2M» et de la faire publier au Bulletin Officiel (BO).

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