La lettre d’Obama

Depuis la publication, début juillet, de la lettre adressée par le président américain, Barack Obama, à SM le Roi, les analyses de ce document se multiplient et ne se ressemblent pas. Mais la lecture qui a suscité beaucoup de réactions est celle qui défend la thèse d’un changement de position américain sur la question du Sahara. Les défenseurs de cette lecture estiment que la lettre du président Obama révèle l’existence d’un changement de position américain sur l’affaire du Sahara. Toutefois, les défenseurs de cette lecture semblent avoir poussé à l’extrême «la lecture entre les lignes» au point d’omettre de lire, d’abord, les lignes elles-mêmes.
En fait, depuis son arrivée au pouvoir, le président Obama a reçu deux messages de la part du Souverain, le premier en novembre 2008 et le deuxième en avril 2009. Dans les deux messages, le Souverain évoque la situation au Proche-Orient et au Maghreb. Il est donc normal que le président Obama réponde, dans sa première lettre au Souverain, en évoquant les deux questions. «Nous sommes également attachés à l’instauration d’un espace maghrébin sûr, intégré, complémentaire et prospère, tout comme nous souhaitons que l’Afrique puisse jouir d’une stabilité et d’une prospérité fondées sur l’unité, le développement et la démocratie», disait SM le Roi dans sa lettre au président américain. Le message est diplomatiquement très fin puisqu’il rappelle la disposition du Maroc à promouvoir une solution conforme aux principes de la démocratie et de l’Etat de droit et qui pourrait bénéficier à la région maghrébine entière tout en contribuant à la stabilité et au développement du continent. La réponse d’Obama est très subtile: «Mon gouvernement travaillera avec le vôtre et d’autres parties dans la région, afin de parvenir à une solution qui réponde aux besoins des populations, en termes de gouvernance transparente, de confiance en l’Etat de droit et d’une administration de justice équitable». S’agissant du Proche-Orient, le message du Souverain disait : «dans le même contexte, je voudrais assurer Votre Excellence de la ferme adhésion du Royaume du Maroc aux solutions pacifiques politiques, et au règlement négocié et consensuel des différends régionaux et internationaux, surtout dans la région du Moyen-Orient où doit être instaurée une paix durable, globale et équitable». Ce à quoi, M.Obama a répondu : «j’ai souligné que nous partageons des principes communs de justice et de progrès, de tolérance et de dignité pour tous les êtres humains. Ces principes devraient nous inspirer à atteindre une paix globale qui comprend une solution à deux Etats et une résolution rapide du conflit arabo-israélien». 

Une lecture croisée des deux messages montre, tout simplement, l’existence d’une convergence des points de vue sur les principales questions d’actualité. Dire le contraire, c’est juste «faire porter à la question plus qu’elle ne peut supporter», comme on dit dans la Charia islamique.  

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